PRÉSENTATION A MONTAI BAN
que nous voyons sur la route de Lyon au Mazet. De plus, d'Avignon à Montpellier, tout est aride. Passé le département de l'Hérault, et surtout en approchant de Toulouse, le pays est riche et bien cultivé. La vie n'est pas chère. Il manquait à cet excellent pays des moyens de transport. Des hommes aisés, riches même, en terrain et en productions de tout genre, mais ne pouvant les exporter, ni par conséquent les convertir en argent, présentaient le singulier contraste de l'abondance dans certaines choses et de la disette dans d'autres. Ainsi des seigneurs, qui donnaient de magnifiques dîners, des parties de chasse où tout était prodigué, allaient médiocrement vêtus, parce qu'ils avaient tout en abondance, excepté l'argent. C'est pour suppléer a ce besoin que fut créé, sous Louis XIV, le canal du Languedoc, qui va de Toulouse à Béziers et se prolonge jusqu'à la mer près d'Agde. Il rend au pays des services immenses. ...Le Consistoire de Toulouse renferme très peu de membres pieux, mais les autres ne sont nullement opposés. Le troupeau en général manque de piété. S. croit qu'il leur a manqué une opposition. Il y a une famille fort intéressante, du nom de Courtois; elle se compose d'un homme d'un certain âge, de sa femme, anglaise, profondément pieuse, et de trois fils qui marchent sur les traces de leur mère, et dont l'aîné est déjà un chrétien fort avancé. Ces jeunes gens ne perdent aucune occasion d'annoncer la bonne nouvelle. Si quelqu'un traite
avec eux une affaire de commerce, l'un d'eux l'entreprend sur l'affaire plus importante du salut. S'il y a un malade, ils vont le visiter. S'ils apprennent qu'un protestant, même entièrement inconnu d'eux, ne suit pas les exercices religieux, ils vont le presser d'y assister. Le dimanche, depuis six heures jusqu'à l'heure du service divin, ils vont de maison en maison, où ils peuvent expliquer la Parole. Comme leur famille est une des premières de la ville, par la fortune et par le crédit, on leur passe plus qu'on ne ferait à d'autres et leur exemple a beaucoup d'influence. Ces hommes-là sont plus fidèles que nous...
La nomination à Montauban devait se faire par voie de concours. L'ouverture du concours fixée d'abord au 21 juin (à Montauban) avait été renvoyée au 23. Les deux candidats, MM. Poupot, de Sorrèze, et Adolphe Monod étaient arrivés à Montauban ou en route pour s'y rendre, lorsque trois membres du jury écrivirent à M. Cuvier ce que les motifs qui les avaient portés à écarter M. Monod le 28 avril, par une délibération préalable, savoir le trouble qu'il avait porté à Lyon, subsistaient encore; qu'en conséquence ils avaient pour refuser M. Monod des raisons indépendantes des talents ou des connaissances qu'il pourrait montrer. Dans cet état de choses, devaient-ils être juges ? »
En réponse à cette lettre, le ministre prit un