‹ Adolph MonodChapitre 44 sur 143 · DESTITLTIO.N PAR LE CONSISTOIRE · texte numérisé non relu

DESTITLTIO.N PAR LE CONSISTOIRE

destitution. La destitution devait être prononcée dans la séance du Consistoire du ik avril. Mais ce jourlà, le Consistoire n'étant pas en nombre, une nouvelle séance fut convoquée pour le lendemain. Le ïk cependant, Adolphe Monod lut au Consistoire une proposition relative au rétablissement de la discipline de la Cène; et ce discours servit de deuxième considérant à la destitution, décidée en principe avant qu'il eût été prononcé.

On était à quelques semaines de la Pentecôte. Il ne se sentait pas la liberté de donner la Cène dans ces circonstances.

19 Mai. — Mon Dieu, je ne puis pas, tu le sais, donner la Cène dimanche dans cette confusion. Je te rends grâce de ce que tu m'as éclairé sur ce point. Tu m'éclaireras aussi sur les autres. Oh! montremoi maintenant comment je dois faire ce que tu m'as commandé! Accorde-moi, Seigneur, une vue claire de ta volonté. Tues la lumière du monde. Je te suis. Je ne marcherai pas dans les ténèbres....

Que dirai-je au Consistoire? J'ai demandé au Consistoire l'observation de l'ordre établi par l'Ecriture, confirmé par la discipline ecclésiastique de l'Église réformée de France, pour la distribution de la Cène. Le Consistoire a passé à Tordre du jour sur ma proposition, et en a fait un sujet d'accusation contre moi et auprès du gouvernement. Dans cet état de choses, et en attendant que le gouvernement

ait prononcé, je ne donnerai pas la Cène à Pentecôte.

Il fit ce qu'il put pour se dispenser de prêcher; il sollicita de ses collègues un échange de prédication, qui lui fut refusé, bien qu'il les eût prévenus de son motif pour le demander, et avertis qu'il ne pourrait donner la Communion ce jour-là. Contraint de prêcher, il se retira après la prédication, et dès le lendemain le ConsistoirëTdans une séance irrégulière, puisque le président n'y avait pas été convoqué, prenait un nouvel arrêté par lequel il était «suspendu de toutes les fonctions de pasteur de l'Église réformée de Lyon et de président de son Consistoire, jusqu'à ce que les motifs de la destitution déjà prononcée contre lui eussent été approuvés par le gouvernement». (Dès l'année précédente le Consistoire avait supprimé son supplément de traitement.)

A partir de ce moment, et jusqu'à l'arrivée de cette approbation, Adolphe Monod continua à recevoir chez lui les chrétiens qui désiraient s'y réunir pour des services familiers, attendant dans la paix que la volonté de Dieu se manifestât pour lui.

Au mois de juin il fit un voyage à Paris, pour visiter sa famille.

Paris, 7 Juin 1831. — ...Mon cœur est rempli de reconnaissance et de joie pour les bénédictions temporelles et spirituelles que Dieu répand sur notre

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