‹ Adolph MonodChapitre 47 sur 143 · RÉVOCATION OFFICIELLE · texte numérisé non relu

RÉVOCATION OFFICIELLE

de Vouie, et fouie de la Parole de Dieu. Joignez vos prières aux nôtres pour que Dieu nous dirige.

Pour moi, j'attends en paix, que le Seigneur me trace mon chemin. Pour maintenant, je suis à Lyon, et ne pense pas que j'aie à le quitter immédiatement: car il y a aura ici, quand l'affaire de la révocation sera terminée, une œuvre importante à commencer, et à laquelle je semble appelé à mettre la première main. Combien nous avons besoin que Dieu nous donne la sagesse qui vient d'en Haut ! Demandonsla-lui comme de petits enfants, sans expérience, sans lumière propre, incapables de rien penser comme de nous-mêmes, et devenons les plus humbles de tous; et Dieu, notre Dieu nous conduira par la main et nous établira sur cette roche qui est trop haute pour nous.

Le 10 avril entin, il reçut du secrétaire du Consistoire avis de l'ordonnance de révocation, avec une lettre expliquant que le Consistoire avait compté sur le préfet pour cette communication.

A son Frère Frédéric :

Lyon, 12 Avril 1832.

« Mon bien-aimé frère, à mon tour je t'ai laissé sans réponse trop longtemps. Le temps vole. Que Dieu nous instruise à compter les jours, les heures! Nous avons été affligés d'apprendre que tu as en-

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core souffert. Tu es bien éprouvé depuis longtemps dans ta santé : que Dieu te fortifie pour son service, s'il le croit bon. Au reste, j'ai eu sous les yeux récemment un exemple que souvent notre faiblesse nous fortifie. Je veux parler de l'excellent Gonthier, qui a passé deux jours ici, et que nous avons vu samedi et dimanche. Qui est plus faible ? Mais qui est plus fort? Sans parler de ses excellents écrits, quel trésor que sa conversation ! Elle est rare et courte ; mais par suite de sa retraite et de ses souffrances, vivant dans la prière presque sans interruption, délivré de beaucoup de passions qui nous troublent encore, et comme déjà assis dans les lieux célestes avec Jésus- Christ, il a une vue si spirituelle des choses que quelques mots de lui, sans développement, m'instruisent souvent plus que beaucoup de discours. Je n'ai point de conseiller qui m'ait été plus utile. Il ne vient jamais dans notre ville que pour la traverser, mais il ne manque jamais d'y déposer une abondance de bénédictions. Cette fois, outre des directions précieuses qu'il m'a données, il a été l'instrument de la délivrance de notre chère X, exposée à des tentations auxquelles nous n'avions pu la soustraire : la douce fidélité de Gonthier a porté la lumière dans son âme, et a en même temps dissipé les petits nuages qui s'étaient élevés entre nous par suite de quelques malentendus, suivis d'explications qui avaient empiré le mal. Tout cela, j'espère, est fini, et nous voulons suivre le conseil

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