‹ Adolph MonodChapitre 49 sur 143 · A LA. SOCIETE EVANGELIQUE DE GENEVE · texte numérisé non relu

A LA. SOCIETE EVANGELIQUE DE GENEVE

de ma révocation. C'est une ordonnance royale conçue en ces termes :

Louis-Philippe, etc. Vu la délibération du Consistoire de Lyon en date du 15 avril 1831, portant révocation de M. Adolphe Monod, pasteur de cette Église consistoriale :

Vu les réclamations subséquentes de cette même compagnie ;

Vu les mémoires eu réponse de M . Monod ;

Vu les lettres du Préfet du Rhône, et notamment celle en date du J2 janvier dernier ;

Vu l'article 25 de la loi du 18 germinal an X ; sur le rapport de notre Ministre d'État au département de la justice et des cultes ; nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :

Art. 1. La révocation de M. Adolphe Monod, pasteur de l'Église Réformée de Lyon, prononcée par le Consistoire dans sa séance du 15 avril 1831, est approuvée.

Art. 2. Notre Ministre d'État, etc., est chargé de l'exécution, etc.

Paris, le 19 Mars 1832.

Signé: Louis-Philippe, Montalivet, Cuvier.

Pour copie conforme, le Préfet du Rhône,

Gasparin.

Vous observerez que l'ordonnance est sans considérants. Le gouvernement a échappé ainsi à la men-

tion des motifs, bien que le texte de la loi porte que le Consistoire présentera les motifs de la destitution au gouvernement, qui les approuvera ou rejettera. Par cette forme, le gouvernement parait reconnaître un droit illimité aux Consistoires, plus encore que le Conseil d'État de Genève n'a fait à la Compagnie, par la révocation de M. Gaussen. Plaignons les gouvernements de la voie dans laquelle ils entrent ; faisons même la part de l'extrême difficulté de leur position, respectons-les et prions pour eux. Un jour peut-être Dieu leur fera voir qui sont leurs véritables amis, de ceux qu'ils approuvent ou de ceux qu'ils rejettent. Quoi qu'il en soit, il est écrit que toutes choses servent Dieu; et nous savons que tout ceci tournera au bien de ceux qui l'aiment; et peut-être, — Dieu le veuille ! au bien de plusieurs de ceux qui sont aujourd'hui les instruments aveugles du grand adversaire.

Quant à moi, à la vocation que vous m'avez adressée, et au chemin que je dois suivre, la prière que nous avons présentée ensemble à Dieu et que je lui ai renouvelée tous les jours et plus d'une fois par jour, de me montrer sa volonté, si clairement que je ne m'y pusse méprendre, a été exaucée avec sa fidélité ordinaire. Car aussi longtemps que le gouvernement n'a pas prononcé à mon sujet, j'ai cru voir sans hésitation que je devais demeurer à mon poste, parce que je n'étais pas libre de donner ma démission. Et aujourd'hui que le gouvernement

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