‹ Adolph MonodChapitre 61 sur 143 · DE M. STAPFER · texte numérisé non relu

DE M. STAPFER

que nous ne susciterons aucune opposition, que nous serons contents de voir arriver M. Adolphe Monod, et qu'il sera bien accueilli de notre part. »

Voici la lettre à laquelle nous faisions allusion plus haut:

De M. STA.PFER.

Talcy, 13 Août 1836.

Votre excellente mère, bien cher ami, désire que je vous communique directement mon opinion au sujet du parti que vous êtes appelé à prendre dans l'affaire de Montauban. Je ne crois pas pouvoir vous présenter de considérations qui ne se soient déjà offertes à votre esprit avec plus de force et de netteté que je ne saurais mettre dans mon entretien avec vous ; mais je saisis avec joie une occasion de vous exprimer le vif intérêt que je prends à votre détermination, et par la plus tendre affection, et par des motifs d'un ordre que personne ne comprend mieux que vous.

Je sens toute la puissance des liens doux et sacrés qui vous attachent à votre troupeau lyonnais, et je suis prêt à reconnaître que, pour en confier la conduite à d'autres mains, il faut que la voix de la Providence se fasse entendre par un concours de circonstances qui ne puissent laisser de doute sur sa volonté. Et ici, ce concours ne se rencontrerait-il pas? Quelle combinaison d'événements grands et petits, tous

nécessaires pour écarter les obstacles qui s'opposaient à votre nomination ! Retraite du ministre qui s'y refusait (M. Guizot m'a dit lui-même que jamais il ne l'aurait prise sur lui}; un successeur, seul, entre les hommes d'état qui auraient pu être appelés à occuper cette place, porté par ses relations à résister aux objections qui paralysaient les efforts de vos amis auprès de son prédécesseur; discussions sur l'établissement d'une seconde Faculté, qui jettent l'alarme dans celle de Montauban, et lui font sacrifier des préventions personnelles et de misérables considérations de parti à la nécessité de relever son crédit et de sauver son existence par l'acquisition d'un professeur éminent et par l'accroissement de ses forces morales; revirement politique, qui donne au député du département, bien disposé pour vous, plus d'importance et d'autorité... ajoutez à cela les influences particulières qui, dans l'entourage du ministre, pouvaient vaincre les hésitations d'un caractère naturellement méticuleux. Dans le cours ordinaire des affaires humaines, la volonté divine ne saurait, ce me semble, se manifester avec plus de clarté. Voilà pour les conjonctures accidentelles dont Dieu pouvait seul amener l'accord.

Quant à l'appel intérieur qui s'adresse à l'âme par les dons qu'elle a reçus, par la voix du devoir et les dispositions individuelles, il serait, cher ami, plus que présomptueux à moi de me poser leur interprète. Vous vous parlerez là-dessus un langage

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