‹ Adolph MonodChapitre 63 sur 143 · REPONSE À M. STAPFER · texte numérisé non relu

REPONSE À M. STAPFER

évangélique? Et une partie de celle que vous exercez maintenant, ne vous serait-elle pas rendue pendant les vacances, qui vous laisseraient la liberté de visiter Lyon et d'autres Eglises du Midi, qui vous offriraient toujours un changement approprié à vos moyens et pleins d'attraits pour un ministre de la Parole?

Mais je ne veux pas rendre ma causerie trop importune en m'appesantissant sur ces éventualités. Je ne puis toutefois m'empêcher de vous dire encore que, dans leurs entretiens sur les heureux effets de votre translation à Montauban, vos amis se sont plu à compter pour beaucoup l'influence qu'exercerait l'humilité chrétienne, l'aimable docilité, la largeur de vues et la simplicité de manières d'un homme auquel on a cherché à faire une réputation d'intolérance, de zèle fougueux et d'esprit exclusif.

Quelle que soit votre résolution, elle aura été

prise en présence de Celui qui seul peut vous

éclairer. Qu'il daigne la bénir , nous bénir tous, et

nous donner de faire sa volonté en toutes choses!

Votre bien dévoué ^ . 0

P. A. Stapfer.

Adolphe Monod répondit à cette lettre par les lignes qui suivent :

A M. Stapfer.

Lyon, 19 Août 1836.

Monsieur et excellent ami et respectable frère. Je ne serai pas le premier, sans doute, à vous

annoncer ma nomination, que j'ai apprise ce matin, et que mon acceptation avait précédée. Mais je tiens à vous dire d'abord combien j'ai été touché de votre lettre, qui renfermait des considérations qu'aucun atitre de mes nombreux correspondants ne m'avait présentées, et ensuite avec quelle paix et quelle liberté d'esprit je me suis déterminé. Je pense que c'est ici l'œuvre de Dieu, et dans la vocation qu'il me fait adresser, et dans mon cœur qu'il incline à l'accepter sans hésitation. Je me recommande à vos prières: oh! j'en ai bien besoin. Je vous recommande aussi ce cher troupeau, que je vais quitter, mais que le Seigneur ne quittera pas, j'en ai l'assurance.

Ma femme et mes enfants sont bien, grâces à Dieu. Je salue tendrement Mme Stapfer et toute votre maison. Dans les circonstances où je me trouve, vous excuserez mon laconisme. J'ai là neuf lettres devant moi, et je n'ai pas fini.

Votre bien reconnaissant et affectionné

Adolphe.

La nomination d'Adolphe Monod lui fut notifiée par une lettre officielle du ministre en date du 17 août 1836. A la lettre officielle, le baron Pelet de la Lozère ajoutait quelques lignes personnelles :

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