BERLIN
auteur de plusieurs ouvrages fort utiles pour l'étude de l'Ancien Testament. Quand j'ai passé à Halle, Gesenius était mourant; il est mort quelques jours après.
De Halle, je me rendis à Berlin, et les dix jours que j'y passai furent les plus intéressants de mon séjour en Allemagne. Mais à Berlin, dix jours, c'est à peine le temps de donner un coup d'œil aux choses les plus intéressantes; ou pour mieux dire, forcé par la brièveté du temps de choisir entre les choses et les hommes, j'ai donné sans hésiter la préférence à ces derniers. Je ne me suis écarté de cette règle qu'en faveur de V Université et de la Bibliothèque, seuls bâtiments publics que j'aie visités. L'Université est un établissement immense, où enseignent entre cent et deux cents professeurs. Les auditoires sont fort simples, mais spacieux. Il en est qui peuvent contenir plusieurs centaines d'élèves. Avec quel intérêt j'ai vu ces chaires, occupées par les Neander, les Hengstenberg, les Schelling, et tant d'autres lumières du monde, sans parler de leurs prédécesseurs qui aujourd'hui ne sont plus ! . . .
Quelle que soit la beauté de Berlin, et sa richesse en monuments et en institutions de tout genre, sa plus grande gloire, ce sont ses hommes, et surtout les serviteurs de Dieu qu'elle possède. D'une part, on y voit, dans les plus hauts rangs de la société, des hommes qui ont appris à mettre la gloire qui
vient de Dieu avant celle qui vient du monde... De l'autre, on y voit des savants du premier ordre, l'élite de la philosophie, des lettres et des sciences, qui s'humilient aux pieds du Sauveur, et dont la première ambition est de faire servir à sa gloire les dons qu'ils ont reçus de lui. C'est un spectacle bien propre à réjouir et à fortifier la foi. Et pourtant, n'oublions pas que l'âme d'un obscur paysan est aussi précieuse devant le Seigneur que celle d'un prince ou d'un grand génie, et que toutes les illustrations de ce monde pâlissent auprès de cet héritage de gloire que Dieu réserve aux moindres d'entre ses saints. Béni soit Dieu pour son don ineffable!...
Je n'essayerai pas de vous faire connaître les hommes distingués que j'ai eu le privilège de visiter à Berlin. Il y aurait présomption de ma part à peindre des hommes publics sur un aperçu aussi rapide : je craindrais de ne pas rendre justice à chacun. Que pourraient ajouter d'ailleurs quelques lignes écrites par le correspondant anonyme d'un journal, à la réputation d'hommes connus dans tout le monde savant, tels que les professeurs Schelling, Neander, Hengstenberg, Twesten, Marheinecke, Steffens, ou les prédicateurs Strauss, Theremin, Gossner, de Gerlach? On peut dire que les universités prussiennes, notamment celles de Berlin, Halle et Bonn, sont aujourd'hui au premier rang entre les universités allemandes...