TOURNÉES DE PRÉDICATIONS
Nous avons, sans aucun doute, beaucoup à apprendre de nos frères allemands, et eux, de leur côté, ont aussi quelque chose à apprendre de leurs frères étrangers. Mais au milieu de ces nuances diverses, il est bien réjouissant de voir qu'il y a pourtant un fonds commun entre tous ceux qui aiment le Seigneur Jésus-Christ. Il y a une seule foi, et cette foi, il faut l'avouer, a quelque chose de bien beau et de bien aimable, quand elle est unie à des dons intellectuels distingués et à de profondes études.
Revenons aux tournées de prédications d'x4dolphe Monod dont nous avons déjà dit quelques mots. La plupart étaient mises à profit pour des collectes en faveur d'œuvres diverses. Parfois on se demande comment il pouvait supporter tant de fatigues, surtout dans un temps où les voyages étaient loin de s'opérer avec la facilité et la rapidité que nous trouvons aujourd'hui toutes naturelles.
Veut-on quelques échantillons de ce qu'étaient par exemple ses tournées dans la semaine sainte?
Marseille, 30 Mars 1844- ...J'arrive fatigué. J'ai eu de la peine à tenir la réunion de Toulouse à cause de mon rhume; il semblait m'avoir quitté en voyage, mais il reparaît depuis mon arrivée. C'est une épreuve pour moi, mais je m'en reuiets au Seigneur et je ferai ce qu'il me permettra de faire.
Je suis du reste encore fort incertain de mes plans. Je sais seulement que je prêche demain à dix heures sur Rom. I, 17, et que je dois donner la semaine prochaine trois autres prédications, lundi, mardi (avec collecte pour Saverdun) et jeudi à huit heures et demie du soir; deux méditations, mercredi et samedi à trois heures, et enfin le dimanche de Pâques à dix heures. Pour tout cela je regarde à Celui qui multiplie les pains pour multiplier mes pauvres préparations. Je suis abattu de corps et d'esprit. Mon âme attend le Seigneur.
J'ai eu un compagnon jusqu'à Nîmes, et depuis j'ai été seul. J'en ai profité pour prier et relire mes sermons. Je voudrais travailler moins et prier davantage. Mais travailler, lire, écrire, parler, tout cela est plus facile que de prier. Je me recommande instamment à vos prières. ...Encore si je savais ce que je dois dire ! Oh ! le mauvais missionnaire ! Veuille Celui qui changea l'eau en vin, faire d'un enrhumé, d'un abattu, d'un incertain, d'un misérable, tout ce qui doit être fait pour le glorifier par un fidèle témoignage !
Montpellier, 10 Avril 18M. — Nous avons eu à Marseille dimanche une belle journée. J'ai prêché sur la résurrection, avec bénédiction ; puis distribué la communion avec Horace, selon le désir que m'avaient exprimé ses collègues, à l'Eglise presque entière. Cette communion a duré une heure et