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MINISTÈRE DANS L'ÉGLISE RÉFORMÉE DE PARIS

Le 25 septembre 18/i7 Adolphe Monod quittait Montauban avec sa famille, pour arriver à Paris le 27 au soir. Alors commença la dernière période de sa vie. Si Lyon avait été surtout le ministère de l'évangélisation, Montauban celui de l'enseignement, Paris allait être celui de la parole et de la prédication, en attendant qu'il fût celui de la souffrance et de la patience. Toute décision grave était à l'avance pour lui un sujet d'hésitation et d'angoisse; mais Dieu lui fit la grâce de chercher toujours avec tant de sincérité sa volonté, que rarement, malgré sa conscience scrupuleuse presque à l'excès, il eut lieu de regretter le parti qu'il avait pris. « Je ne puis pas dire comme Napoléon, écrivait-il un jour : « Mes volontés étaient a fortes; je n'hésitais jamais. » De là, selon lui, sa puissance. N'importe, tel que je suis, je préfère mon impuissance à sa puissance, me souvenant d'un tout petit mot, dicté par un plus puissant que moi, et

qui l'a brisé, quand son heure est venue : Quand je suis faible, alors je suis fort. »

Cette fois encore, il put reconnaître que le Seigneur l'avait bien conduit, et l'avait amené à Paris dans un moment où sa présence et son influence pouvaient être particulièrement utiles à l'Eglise, pour le glorifier pendant quelques années encore, par le plein développement des rares dons qu'il lui avait faits pour la prédication. Ses relations avec son vénérable titulaire, M. Juillerat, furent dès le début particulièrement cordiales et affectueuses; et plus tard, nommé titulaire lui-même, il aimait à rappeler le temps où, suffragant de M. Juillerat, «il eut lieu tant de fois d'être plus touché de sa bienveillance qu'il n'avait été honoré de son choix. »

Sa translation à Paris le rapprochait aussi de la plus grande partie de sa famille, et notamment de sa mère, qui ne devait en jouir que peu d'années, mais à laquelle son ministère fut une grande bénédiction. Était-ce le souvenir des anciennes souffrances de son fils à Naples, qui laissèrent sur toute la vie de celui-ci comme une teinte de mélancolie, et qui n'avaient pas cessé, même en s'apaisant, de vibrer dans le cœur fidèle de sa mère? Était-ce la relation spirituelle profonde que Dieu avait formée entre eux, et dont la trace se retrouve souvent dans leur correspondance? Toujours est-il qu'il y avait une sympathie particulière entre ces deux âmes, et que personne plus que Mme Monod ne se réjouit de

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