ASSEMBLÉE DE SEPTEMBRE
dérable. Il nous suffit de rappeler le point qui détermina la sortie de l'Église Réformée de quelques pasteurs évangéliques et d'un certain nombre de laïques, a la tète desquels étaient Frédéric Monod et le comte de Gasparin.
L'Assemblée générale de septembre, représentation de l'Église Réformée, avait été saisie de la question de la confession de foi, et avait repoussé en majorité la proposition d'en faire une nouvelle. Or parmi ses membres, les uns affirmaient que cette confession de foi nouvelle était dès lors nécessaire, et s'étaient déclarés prêts à quitter l'Église si elle n'était pas votée ; d'autres, tout en souhaitant, d'accord avec les premiers, une nouvelle confession de foi, estimaient que la Confession de la Rochelle, n'ayant pas été abrogée, demeurait la base historique de l'Église Réformée de France ; que la foi évangélique n'ayant poiut cessé d'être professée dans l'Église, on pouvait, dans les circonstances actuelles, y rester sans infidélité, et qu'il y avait lieu d'attendre un synode officiel pour proposer que cette Confession fût révisée ou remplacée; — d'autres enfin pensaient que le moment n'était pas opportun même pour soulever cette question, et étaient résolus à voter simplement en faveur du statu quo. Des trois représentants de la famille que comptait l'assemblée, Frédéric, Adolphe et Horace Monod, tous trois étroitement unis dans une foi commune, chacun avait défendu une de ces vues différentes. Adolphe Monod, qui
328 ADOLPHE MOi\OD 1848
tenait pour la seconde, ne crut pas devoir suivre son frère Frédéric dans sa retraite, et ce fut une douleur profonde pour les deux frères que cette séparation, même extérieure. Quelques mois plus tard il exposait dans sa brochure : Pourquoi je demeure dans V Église établie, les motifs de sa coaduite. Ce n'était pas qu'il fût pleinement satisfait lui-même, et l'on sait avec quelle ardeur il appelait de tous ses vœux Y Eglise de l'avenir après laquelle il soupirait : « Je voudrais publier une brochure dans laquelle je défendrais ma résolution de rester dans l'Église, sans défendre les détails; et où je montrerais la nécessité de former dans 1' 'Eglise-non- Eglise, une Eglise- Eglise, dont je poserais les bases : la confession de Jésus-Christ, et l'amour fraternel. »
ce Si je demeure à mon poste1, c'est moins par des raisons positives que par des négatives ; je veux dire moins pour être satisfait de l'état ecclésiastique au sein duquel je vis, que pour n'en pas connaître d'autre qui me satisfasse si complètement que je veuille forcer les choses pour l'aller chercher. Je l'avoue, la notion d'Eglise dont on parle tant aujourd'hui n'est pas bien éclaircie pour moi ; la théorie de l'Église telle qu'elle doit être, ne m'a point encore été découverte... En reconnaissant que la théorie de l'Église ne m'est point révélée, oserais-je penser qu'elle ne l'est pas au peuple de Dieu?
1 Pourquoi je demeure dans V Église établie, p. 60, etc.