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MALADIE ET MORT DE SA MÈRE

ralentissement de son activité physique : la fracture successive des deux poignets, à quelques années de distance, lui avait laissé une certaine gêne dans le mouvement des mains; mais son esprit et son cœur n'avaient rien perdu de leur vivacité et de leur jeunesse. Elle tomba malade les derniers jours du mois de lévrier, et son état fut immédiatement jugé très grave. Dix de ses enfants et un grand nombre de ses petits-enfants purent se réunir autour d'elle et l'entourer de leurs soins pendant les derniers jours.

Le triste et doux privilège était réservé a Adolphe Monod d'assister sa mère comme pasteur pendant les derniers jours de cette courte maladie : son frère Frédéric, pris d'une sciatique aiguë dans la chambre même de la malade, dut être ramené chez lui, et fut privé de la douceur de la revoir.

Ce qui frappa ceux qui purent approcher Mrae Monod pendant sa maladie, c'était son humilité, sa patience et sa foi dont les témoignages devinrent jusqu'à la fin plus simples et plus touchants. Elle avait demandé que chacun de ses enfants et petitsenfants écrivît une parole de l'Ecriture à son intention, et elle aimait à se faire lire ces passages. Le jour même de sa mort elle fit cette remarque : « Il me semble que personne ne m'a donné : fai effacé tes forfaits comme une nuée épaisse, et tes péchés comme un nuage», et demanda qu'on l'ajoutât à la liste. Ce

fut cette parole que ses enfants firent graver sur sa tombe.

o S'il plaisait au Seigneur d'abréger ! disait-elle, mais ce qu'il voudra. Je suis à Lui. Tl m'a rachetée. Je suis en paix. » Quelques moments avant sa fin, ses enfants se réunirent autour d'elle. « Adolphe prit la parole au nom de tous, nommant les absents. — Nous éprouvons le besoin, au moment de prendre congé de notre mère pour la vie présente, de lui dire deux choses : la première, que nous lui demandons sa bénédiction pour nous et pour nos enfants; la seconde, que nous implorons son pardon pour toutes les fautes que nous avons commises contre elle depuis notre enfance. Elle a répondu à ces deux demandes par les gestes les plus tendres, les plus humbles, et les plus expressifs tout à la fois, ses mains tantôt élevées, tantôt étendues vers nous; nous sentions tous que cette bien-aimée mère nous pardonnait et nous bénissait de toute la puissance de son cœur maternel. Ce fut un moment bien solennel. Adolphe a ajouté que nous tenions pour la première grâce que Dieu nous ait accordée, d'avoir les parents qu'il nous a donnés, et que nos plus tendres bénédictions accompagnent notre mère dans son prochain délogement. Puis il termina par la prière. » — Vaillante jusque dans la mort, cette mère fidèle échangea pendant deux heures encore de tendres paroles d'adieux avec les siens, en pensant à tous les absents. Sa dernière parole fut un cri

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