‹ Adolph MonodChapitre 98 sur 143 · ALSACE — BAN DE LA ROCHE · texte numérisé non relu

ALSACE — BAN DE LA ROCHE

bonté de m'aimer, risqueraient de m'aimer moins en cessant de m'aimer à distance... Quoi qu'il en soit, le Seigneur saura bien nous rapprocher si cela est désirable; mais je ne suis pas impatient du rapprochement, voilà tout ce que je veux dire. J'aime tendrement mon public fraternel inconnu, de visage ou même de nom, et il faudra que je lui dédie quelque livre tout exprès un de ces jours...

Cette tournée en Alsace fut rapide, mais particulièrement bénie. Son cœur en fut réjoui. Sans compter ses nombreux amis de Strasbourg et des autres villes, parmi lesquels nous ne nommerons, de peur d'en oublier quelqu'un, que le professeur Charles Cuvier, et le professeur Kampmann qui avait été l'affectueux promoteur et organisateur de ce voyage, il eut une satisfaction particulière à retrouver au Ban de la Roche son ancien ami M . Daniel Le Grand, à visiter la paroisse et le presbytère d'Oberlin, et à prêcher dans sa chaire, à Waldersbach. A Strasbourg, il saisit avec joie l'occasion de s'entretenir avec les étudiants en théologie :

24 Mai 1852. — ... C'est un des symptômes de la bénédiction de Dieu dans ce voyage, que l'impression produite a été trop sérieuse pour s'évaporer en louanges. On n'a pas pensé à l'orateur. Les anges du ciel s'en sont réjouis, et je m'en réjouis avec eux.

Il faut ajouter que M. n'a pas osé dire exacte-

ment ce que je faisais, de peur de vous inquiéter. Le 16, prédication le matin, méditation le soir. Le 18, prédication. Le 19, allocution d'une heure environ aux étudiants de la Faculté. Le 20, prédication au Ban de la Roche, et réunion. Le 21, premier discours sur Y Inspiration; le 22, second discours, plus un dîner avec speech chez les internes de Saint-Guillaume (quarante jeunes gens) ; plus une allocution aux quatre à cinq cents élèves du gymnase; plus une collation avec une quinzaine d'étudiants, plus intime, où je ne pouvais pas rester muet. Le 23, deux prédications. Le 25, demain, Colmar et Mulhouse, pour la clôture définitive, et pour m'y préparer aujourd'hui, j'ai passé une journée délicieuse à parcourir les environs de Bade. Mercredi je vais à Bruyères et de là, jeudi ou vendredi, à Paris...

Ce fut sa dernière tournée de prédications. A partir de ce moment, nous le voyons donner ici ou là des prédications isolées. Mais il se faisait un devoir de se réserver plus que jamais pour son ministère et, dans la mesure même où il sentait ses forces décliner, de se reposer lorsqu'il pouvait s'éloigner de Paris.

Cette même année 1852 fut marquée pour Adolphe Monod par une grande délivrance que Dieu accorda à lui et aux siens. Mme Monod, frappée d'une congestion cérébrale, à la suite d'une insolation,

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