‹ Adolphe AdamChapitre 14 sur 63 · Feuilleton du Journal des Débais du 14 mai 1859. Je · texte numérisé non relu

Feuilleton du Journal des Débais du 14 mai 1859. Je

profite de l'occasion pour rappeler l'opinion que d'Ortigue, dans le même article, émettait sur la valeur des compositions religieuses et notamment des cantiques d'Adam : — « Bien que le style de ces faciles cantilènes nous paraisse peu en rapport, disaitil, avec leur destination, toujours est-il que nous féliciterions MM. les curés de ne pas composer d'autres éléments le programme de leurs concerts du mois de Marie. »

nées Âmédée Àchard l , et par lequel sont mis en relief certains traits particuliers. Ceci est l'Adam intime, l'Adam pris sur le vif, dans la vie de chaque jour, et dont la silhouette ne pouvait être ainsi dessinée que par quelqu'un qui l'avait longtemps connu et pratiqué :

... Adolphe Adam, comme la plupart des compositeurs, avait le don charmant de l'esprit. Il en avait comme Halévy, comme Berlioz, comme Rossini, comme en a M. Auber. Seulement, il ne l'avait pas comme l'auteur des Troyens et de la Symphonie fantastique, amer et âpre, mais gai, primesautier, caustique, à l'occasion avec une pointe vive d'ironie, mais toujours alerte et bon enfant. Il avait le goût, je pourrais presque dire l'amour de la conversation, et y mettait ce même entrain joyeux qu'on retrouve dans sa musique.

A table, il pétillait. Le reflet des cristaux où la lumière se brise en étincelles, l'éclat des bougies, le scintillement des glaces et des porcelaines, tout l'excitait et fouettait sa verve. Il appartenait à cette génération d'hommes qui avaient le culte du vin de Champagne. Les dîners du docteur Yéron, où il rencontrait Romieu, en saventquelque chose. Ille dégustait, il le savourait, il en faisait luire la liqueur couleur d'or pâle aux feux des lustres, et le pétillement qui s'en dégageait chatouillait ses lèvres et égayait son esprit.

Les mains sur le piano, il en tirait les mélodies qui ont fait la fortune de ses opéras; elles lui venaient rapidement, sans effort; c'était comme un chant qui sonnait dans sa tête et dont il notait la phrase ailée. Les mains

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