‹ Adolphe AdamChapitre 28 sur 63 · BERLIOZ · texte numérisé non relu

BERLIOZ

i/enfance du christ.

J'ai rarement eu occasion de parler de Berlioz, ou, pour parler plus franchement, j'ai souvent évité ces occasions. La raison en est plus facile à comprendre qu'à expliquer. J'aime beaucoup Berlioz ; c'est un esprit vif, ardent, original, ennemi du lieu commun, poëte encore plus qu'il n'est musicien, d'une conviction et d'une indépendance rares, mais travaillant dans un système si opposé à celui que j'ai suivi et que je professe, qu'il m'était bien difficile de constater ses succès sans y reconnaître le renversement de tous mes principes. Cependant ce succès est réel et ne peut être nié, et comme il s'agit moins de faire connaître mon goût personnel qui peut m'égarer, que de raconter l'effet que produit sa musique sur un public d'autant plus impartial qu'il est composé d'éléments plus divers, je veux dire à mes lecteurs non-seulement ce que j'ai éprouvé, mais ce que l'on a éprouvé autour de moi à l'audition de cette œuvre importante.

Berlioz est un grand innovateur : la symphonie n'est pas pour lui, comme elle l'a été pour Haydn, Mozart et Beethoven, un moyen de formuler certaines pensées musicales, de les coordonner et de faire naître dans l'âme de l'auditeur une rêverie identique à celle que chacun peut supposer avoir été celle du compositeur. 11 précise son idée, il ne veut pas que l'auditeur y substitue la sienne;

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