M. VERDI
On m'a souvent accusé d'être injuste envers M. Verdi; je ne crois pas avoir mérité ce reproche, car je suis loin de méconnaître son talent très-réel et souvent très-élevé. Voici seulement les griefs que je ne lui pardonnerai jamais : c'est d'avoir conçu ses opéras dans un système tel, que ceux qui ne savent pas chanter seront toujours les plus aptes à les bien exécuter, à la seule condition d'avoir beaucoup de voix dans les notes élevées. Des barytons il a fait des ténors, et des basses il a fait des barytons; les voix de femme sont également disposées dans le registre des notes aiguës ; s'il y a quelques notes simulant une espèce de trait, elles seront à coup sûr doublées par plusieurs instruments, placés là comme tuteurs de l'infirmité des chanteurs. Tout cela n'empêche pas qu'il n'y ait des parties fort remarquables et très-bien senties