‹ Adolphe AdamChapitre 38 sur 63 · Assemblée nationale du 5 juin · texte numérisé non relu

Assemblée nationale du 5 juin

dans les opéras de M. Verdi, mais la conséquence de son système est l'état misérable où est tombée l'école de chant en Italie. Nous en jugeons mal à Paris, où l'on n'accueille guère que les artistes en état de chanter d'autre musique, mais ceux-là mêmes que nous apprécierons le plus, seront ceux qui auront le moins de chances de réussite dans les pa^s où l'on n'exécute plus que les ouvrages de M. Verdi1.

L'Opéra-Italien a fait sa réouverture le jour même de la représentation solennelle de l'Opéra-Comique.... Je ne crois pas au Théâtre-Italien; j'ai tort, peut-être, mais un tort avoué peut mériter d'être pardonné. Il ne manque, à mon avis, que trois choses essentielles pour l'exploitation de ce théâtre : un public, des exécutants et des ouvrages. Le public, on pourra essayer d'en réorganiser un factice; mais si l'on exige la location d'une loge, on ne pourra exiger l'assiduité, le goût de la chose elle-même et l'enthousiasme chez le locataire de cette loge; et que peut devenir un spectacle produit devant des auditeurs qui ne l'aiment, ni ne le comprennent? Des chanteurs, il n'en existe plus. Ceux d'un véritable talent sont trèsrares et eux seuls peuvent exécuter les ouvrages que l'on aime à Paris; mais ces ouvrages sont tellement connus qu'ils ne peuvent plus être attractifs : tout au plus le seraient-ils, rehaussés de la merveilleuse exécution dont ils étaient entourés autrefois. "Restent les ouvrages. Ici, il faut aborder la question franchement. Il s'agit d'une école, de celle de M. Verdi. Jusqu'à présent, le public parisien ne s'est pas montré, très-sympathique pour les œuvres de ce maître. J'ai fait une profession de foi à son égard : je reconnais son talent, mais je n'aime pas sa

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