Assemblée nationale du 9 novembre
manière, parce que sa manière est un système, et que ce système consiste à avoir besoin de voix plutôt que de talents. C'est un peu la méthode de notre Grand-Opéra, méthode contre laquelle je me suis toujours élevé, et à laquelle j'espère que la reprise de la Muette opposera une utile réaction. Eh bien! Tunique ressource du Théâtre- Italien est dans la production et dans la réussite de ces ouvrages ; c'esl d'eux que dépend son salut. Jusqu'à présent les différentes compagnies qu'on nous a offertes ne présentaient pas tous les éléments nécessaires pour l'exécution de ces ouvrages. Mademoiselle Cruvelli seule, avec son talent inégal, un peu sauvage, mais éminemment verveux et passionné, pouvait galvaniser les œuvres que l'indifférence peut-être injuste du public avait condamnées à leur apparition. Ernani fut la première preuve de la puissance de la cantatrice. On nous promet bientôt Luisa Miller; bientôt après, sans doute, viendront Macbeth et les autres opéras de Verdi inconnus à Paris; s'ils réussissent (et je le désire), le Théâtre-Italien est sauvé. Du reste, il ne faut pas trop lutter contre les torrents, et le torrent musical nous amène M. Verdi de tous les côtés. Pendant qu'on répète la Luisa Miller aux Italiens, on en prépare une traduction à l'Opéra, et l'année prochaine ce sera aussi, dit-on, un grand ouvrage nouveau de M. Verdi qui défrayera la saison d'hiver à ce théâtre. Qui sait ? peut-être dans deux ans serons-nous aussi enthousiastes de ce maître que l'ont été d'autres nations, et crieronsnous à notre tour : Hurrah for Verdit Verdi for everlK