‹ Adolphe AdamChapitre 44 sur 63 · LA CHANTEUSE VOILÉE · texte numérisé non relu

LA CHANTEUSE VOILÉE

M. Victor Massé est né sous une étoile heureuse. 11 n'y a pas plus de quatre ans qu'il est revenu de Rome, et il peut faire son premier début et se classer parmi les jeunes compositeurs avant d'avoir la barbe grise et la chevelure argentée; bien plus, du premier coup, M. Scribe l'associe à sa collaboration, et M. Perrin lui donne comme exécutants l'élite de ses chanteurs : mademoiselle Lefebvre, une des plus brillantes étoiles du théâtre, Audran, le seul ténor vocaliste, et Bussine, l'excellent baryton. M. Victor Massé a su user de ces richesses, et n'a pas plus failli aux chanteurs que ceux-ci n'ont manqué au maestro.

Le début de M. Massé est fort heureux, non pas que sa première partition soit un chef-d'œuvre, comme le lui ont dit quelques imprudents et maladroits amis. On n'écrit pas de chefs-d'œuvre en débutant ; Boieldieu, Auber et bien d'autres ont commencé par des ouvrages extrêmement faibles, qui étaient loin de faire présager les opéras qui leur ont succédé. Mais dans la partition de M. Massé,

Page 1