Assemblée nationale du 24 avril
il y a de la verve, de l'entrain, de la mélodie, et puis de bons défauts, de ceux dont on se défait facilement, mais qui ne prouvent que de la sève et de l'exubérance.
Il module trop fréquemment, prend souvent la situation trop au sérieux, instrumente inégalement; quelquefois il en met trop, d'autres fois il n'en met pas assez; on voit qu'il cherche et qu'il a besoin d'être éclairé par l'expérience. Mais la maxime de l'Évangile : Quœrite et învenietis, est surtout applicable aux musiciens. Que M. Massé continue à chercher, et il trouvera bien certainement.
Son ouverture trop développée pèche par l'abondance des motifs. Que de compositeurs seraient heureux qu'on leur adressât un semblable reproche ! Le duo de Bussine et de mademoiselle Lefebvre est charmant, les couplets de mademoiselle Lefebvre sont peut-être moins heureux que l'air qui lui succède, et que Bussine chante à merveille. Or, toutes les fois qu'un air est bien chanté, c'est qu'il est bien écrit; et en bonne équité, la moitié au moins du succès du chanteur doit revenir au compositeur. La romance d'Audran ne mérite pas moins d'éloges. Le duo d'Audran et de mademoiselle Lefebvre est beaucoup trop long, mais la péroraison ne manque pas de chaleur.
L'andante de l'air d'Audran est excellent : l'allégro est malheureusement moins heureux. Dans le morceau d'ensemble suivant, on remarque un charmant terzetto. Le boléro de mademoiselle Lefebvre est très-brillant, mais manque peut-être un peu de nouveauté. Il n'en est pas de même de la cantilène qui termine la pièce; c'est, sans contredit, la meilleure chose de l'ouvrage. Mélodie élégante, harmonie sobre et distinguée, instrumentation légère et bien sentie, tout se trouve réuni dans ce frais et délicieux bouquet1.