Assemblée nationale du 26 octobre
savamment les parties entre elles, que sais-je, moi? Et M. Massé s'est moins laissé aller à son inspiration; il a fouillé, cherché les petites combinaisons, multiplié les modulations, il a tâché de répandre plus d'intérêt dans son orchestre, il a finassé là où il fallait être franc, et, sans acquérir beaucoup de qualités nouvelles, il a laissé de côté celles qu'on avait déjà appréciées en lui. Il a cru être en progrès et il est revenu sur ses pas; il ne s'est pas aperçu que sa nouvelle production semblait bien plutôt être la successeresse immédiate de la Chanteuse voilée que que de son dernier ouvrage. Non pas qu'il n'y ait de charmantes choses dans miss Fauvette, et que la première entrée de mademoiselle Lefebvre, les premiers couplets de Jourdan, la romance qu'il chante si bien, un excellent début de quatuor et les couplets de Sainte-Foy ne soient des morceaux fort remarquables; mais M. Massé a donné le droit au public, à la critique et à ses confrères, de se montrer difficiles et d'exiger de lui aussi bien et mieux qu'il n'a fait. Il s'est posé en mélodiste : qu'il persiste dans cette voie, qu'il fuie la recherche et le chipottage; avec ces moyens, même très -habilement employés, on n'obtient que des succès d'exception et pour ainsi dire d'accident. Les vrais succès sont dans l'étude de l'école lumineuse de Grétry, de Dalayrac, de Nicolo, de Boieldieu et d'Auber. Si le talent manque aux premiers, au moins l'inspiration et le sentiment vrai ne leur font-ils jamais défaut ; et M. Massé a plus jetaient qu'il n'est nécessaire d'en avoir acquis pour mettre en œuvre les dons précieux qu'il semble avoir un peu trop négligés cette fois1.
'{.Assemblée nationale du 27 février 1855.
GARAFA