Assemblée nationale du. 18 décembre
J'ai entendu la première exécution de cette ode-symphonie, il y a deux ou trois ans, je crois, au Théâtre-Italien, et je me rappelle l'effet que j'éprouvai à l'audition de ces mélodies originales parfaitement instrumentées, et rappelant par leur couleur et comme de parti-pris le célèbre Désert de F. David. Pourquoi le Selam n'a-t-il pas obtenu tout le succès qu'il méritait? Pourquoi M. Reyer est-il plus connu comme critique que comme compositeur?
Je n'en sais vraiment rien, car je trouve dans l'unique ouvrage que je connaisse de lui toutes les qualités qui constituent le compositeur : la naïveté et la grâce dans les mélodies, la clarté dans l'harmonie et dans l'instrumentation, la sobriété dans les accompagnements et la concision. Peut-être cette qualité est-elle portée un peu troploin-et pourrait-on reprocher, en général, le manque de développements. Mais il ne faut pas oublier que M. Reyer avait principalement en vue de donner une idée de la musique orientale, et que c'est sans doute volontairement qu'il a renoncé à certaines ressources dont il saura user lorsqu'il abordera d'autres sujets. Quoi qu'il en soit, on citera toujours les jolis motifs du chant : Fatma, Tout dort, Mon troupeau se rallie. Il est minuit, et surtout la délicieuse cantilène : Sous les palmiers. — M. Reyer a eu le grand tort de ne pas venir le premier pour ce genre de symphonie orientale; mais ce qu'on ne lui pardonnerait pas, ce serait de ne pas conquérir par de nouveaux travaux la position qui l'attend parmi les compositeurs mélodiques et inventifs1.