JUGEMENTS SUR CONSTANT
Si Benjamin Constant n’avait pas marqué sa place au premier rang parmi les orateurs et les publicistes de France, -si ses travaux ingénieux sur le développement des religions ne le classaient pas glorieusement parmi les écrivains les plus diserts et les plus purs de notre langue, s’il n’avait pas su donner à l’érudition allemande une forme élégante, s’il n'avait pas mis au service de la philosophie son élocution limpide et colorée, son nom serait encore sûr de ne pas périr: car il a
écrit Adolphe.
L’anecdote d’Adolphe est à double fond.
L'auteur a choisi dans deux histoires réelles, il a combiné, transposé, interverti à certains égards les situations et les rôles, pour mieux traduire les sentiments. Le petit chef-d'œuvre réunit le double caractère : art et vérité.
Benjamin Constant est si subtil, si clairvoyant et si perspicace qu’en politique comme en amour, il voit tout de suite les défauts de l'être ou de la cause qui l’avaient d’abord attiré. Rien ne lui échappe. Et puis, comme