La 7-ésurrection de Tylon
La crémation de Sandon, comme celle de Melcarth, a sans doute été suivie d’une cérémonie de résurrection ou d’éveil, pour indiquer que la vie divine n’était pas éteinte, mais qu’elle avait simplement adopté une forme nouvelle et plus pure. Nous n’avons pas, à notre connaissance, de témoignages directs relatifs à cette résurrection. Mais, à leur défaut, il existe la légende d’un héros lydien local appelé Tylon ou Tylus qui fut tué, puis fut rappelé à la vie. Voici l’histoire : T^don ou Tylus était un (ils de la Terre®®®. Un jour, se promenant sur les bords de l’Hermus, un serpent le mordit et le héros en mourut. Sa sœur Moire, désespérée, eut recours à un géant nommé Damasen, qui attaqua et tua le reptile. Mais la femelle du serpent cueillit au fond des bois une herbe, « la fleur de Zeus », et apportant ce brin dans sa gueule, elle le posa dans celle du reptile tué, qui se ranima aussitôt. Moire suivit l’exemple de la bête et cueillant la même plante la posa sur les lèvres de son frère qui revint aussitôt à la vie®®®. Dans nombre de contes populaires cet incident se
SARDANAPALE ET HERCULE
retrouve et l’on attribue aux serpents la science de connaître les plantes qui donnent la vie^®'.
Toutefois Tylon paraît avoir été plus qu’un héros d’un conte de fées. Il était étroitement associé à Sardes, car il apparait sur les monnaies de la cité avec son champion Damasen, ou Masnes, avec aussi le serpent mort, et la branche qui donne la vie*“*. T}don était aussi apparenté, de façons diverses, à la famille royale de Lydie, car sa fille épousa Cotys, l’un des plus anciens rois du pays®”® et l’un des descendants du héros ressuscité occupa les fonctions de régent durant l'exil du roi Mélès“®®. On a suggéré que l’histoire de la mort de Tylon et de son retour à la vie a été arrangée et mise en scène pour symboliser le renouveau de la végétation au printemps®®'.
Quoi qu’il en soit, une fête, appelée la Fête de la Fleur dorée, était célébrée à Sardes en l’honneur de Perséphone®®-, probablement pendant les mois d’été, et on a pu représenter ensemble la ré.surection du héros et de la déesse. La Heur dorée de la fête serait la « fleur de Zeus » de la légende, peut-être le crocus jaune des prés, ou plutôt la fleur plus riche du safran oriental. Car le safran poussait en abondance dans la caverne corycienne de Zeus®®®; et c’est une jolie conjecture, ne fût-ce rien d'autre, que celle d’après laquelle le A'rai nom de la caverne signifierait « Grotte du Crocus ®®‘ ». Néanmoins, sur les monnaies de Sardes, la plante magique a l’air d’une branche, plus que d’une fleur, et paraît être un Rameau d’Or plutôt qu’une Fleur dorée.