‹ Adonis, étude de religions orientales comparéesChapitre 8 sur 189 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

1. Culte d’ Adonis et d’Astarté à Byblos, royaume de Cinyras.

C’est dans l’Asie occidentale que le mythe d’Adonis et ses rites furent célébrés avec solennité, et en deux endroits : à Byblos sur la côte de Syrie, et à Papbos, en Chypre. Ces deux villes étaient importantes pour le culte d’Aphrodite, ou plutôt, de son pendant sémitique Astarté'* et, si nous en croyons les légendes, sur ces deux villes régnait Cinyras, le père d'Adonis'^.

Byblos était la plus ancienne des deux ; en effet ses habitants se targuaient d’appartenir à la plus antique cité de Phénicie, fondée, prétendaient-ils, à l’aurore des âges par le Dieu El, que les Grecs et les Romains identifiaient respectivement avecCronos et Saturne**.

Quoi qu’il en soit, à l’époque historique elle comptait comme un lieu saint, comme la capitale religieuse du pays, la Mecque, ou la Jérusalem des Phéniciens”.

Elle s'élevait sur une hauteur, à quelque distance de la mer'* et renfermait dans son enceinte un célèbre sanctuaire d’Astarté

Là, au centre d'une Aaste cour non couverte, entourée de cloîtres et à laq\ielle on accédait d’en bas par des degrés, se dressait une pierre conique, ou un obélisque, image sacrée de la déesse*®. Dans ce sanctuaire, on célébrait les rites d’Adonis*'. La cité tout entière lui était consacrée** et la rivière Nahr Ibrahim, qui se jette dans la mer un peu au sud de Byblos, portait dans l’antiquité le nom d’Adonis**. Ce fut là le royaume de Cinyras**.

De tout temps, la cité paraît avoir été gouvernée par des rois, assistés peut-être d’un sénat ou conseil des Anciens*'.

Le premier de ces rois mentionné dans l’histoire était un certain Zekar-Baal. 11 régnait environ un siècle avant Salomon ;

pourtant, de ce passé nébuleux, sa physionomie se dégage à nos yeux fraîche et étrangement vivante encore aujourd’hui, par le journal d’un fonctionnaire ou négociant égyptien, appelé Wen- Amon, qu’un papyrus nous a heureusement conservé. Cet homme fut pendant quelque temps l’hôte du roi à Byblos et reçut de lui, en retour de riches présents, une provision de bois, abattu dans les forêts du Liban

Un autre roi de Byblos qui portait le nom de Sibitti-baal paya un tribut à Tiglath-pileser 111, roi d’Assyrie vers l’année 739 av. de plus, d’après une inscription du v® ou iv^ siècle

avant notre ère, nous apprenons qu’un roi de Byblos, appelé YehaAV-Melech, fils de Yehar-baal et petit-fils d’Adom-Melech ou Uri-Melech, dédia un portique à colonnes repoussé d’or et un autel de bronze, à la déesse qu’il adorait sous le vocable de Baalath-Gebal, c’est-à-dire le Baal féminin de Byblos®^

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