Les rois sémitiques divinisés
Les noms mêmes de ces rois nous suggèrent qu’ils revendiquaient une affinité avec leur dieu Baal ou Moloch, car Moloch n'est qu’une corruption de Melech, c’est-à-dire « roi». En tous cas, beaucoup d’autres rois sémitiques semblent avoir réclamé le même honneur-®.
Les premiers monarques de Babylone, de leur vivant, furent adorés comme des dieux®®. Mesha, roi de Moab, se donnait peutêtre lui-même le nom de fils de Kemosh, son dieu®'.
Parmi les souverains araméens de Damas mentionnés dans la Bible, il y a plus d’un Ben hadad, c’est-à-dire fils du dieu Hadad, principale divinité mâle des Syriens®-. Et Josèphe nous dit que, encore à son époque, c’est-à-dire au premier siècle de notre ère, Ben-hadad 1, qu’il appelle simplement Adad, et son successeur Hazael, continuèrent à être adorés comme dieux par le peuple de Damas, qui faisait des processions quotidiennes en leur honneur®®.
Certains rois d’Edom semblent avoir été plus loin et, de leur vivant, s’être identifiés avec le dieu; en tout cas, ils portaient le nom de Iladad sans autre qualificatif®'. Le roi Bar-rekub, qui régnait sur Samal au nord-ouest de la Syrie et à l’époque de
Tiglath-pileser (745-727 av. J.-C.) paraît, à en juger d’après son nom, s’être considéré comme le fils de Rekub-el, le dieu dont il avait la faveur et tenait son royaume
Les rois de Tyr faisaient remonter levu- origine à Baal et se targuaient eux-mêmes d’être d’essence divine®'^, plusieurs d’entreeux portaient des noms en partie composés des noms de Baal et d’Astarté; l’un d'eux s’appelait, tout simplement, Baal®®. Le Baal qu’ils personnifiaient était sans doute Melcarth « le roi de la Cité », comme son nom signifie, le dieu puissant que les Grecs identifiaient avec Hei'cule; le fait que le Baal de Tyr correspondait à la fois à Melcarth et à Plercule, est établi par une inscription bilingue, en phénicien et en grec, qui a été retrouvée à Malte®®.