ACTE III, SCfcM
îaient déjà sans permission, jugez maintenant, avec autorisation et privilège du roi ! Nous allons lever en masse tonte la frontière... Je sais bien qu'à Versailles et ailleurs il y aura du bruit, des réclamations, Pordrede suspendre,.. Je vais toujours! Desnotesdiplomatiques?... j'intercepte... des courriers?... je les enrôle dans ma cavalerie, et lorsqu'enfin les chancelleries européennes seront en mesure d'échanger des protocoles, la Courlande sera envahie, et lesTartares de Menzicoff dispersés par les escadrons français, voilà mon plan.
LA PRINCESSE
Il n'a pas le sens commun.
Permettez? s'il s'agissait de l'ordonnance d'une fête ou d'un quadrille de bal, je demanderais vos conseils; mais dès qu'il s'agit de cavalerie et de manœuvres, je prends tout sur moi, cela me regarde.
la princesse, s'animant.
Non, à peine arrivé, vous ne quitterez pas Paris ! C'est bien le moins que vous y restiez quelques jours encore, que votre présence et votre affection me dédommagent enfin de ce que j'ai fait pour vous et des jours que je vous ai consacrés.
MAURICE
Princesse, entendons-nous? Je n'ai jamais été ingrat, et dans ce moment où je vous dois tant, manquer de franchise, «erait manquer de reconnaissance; ce matin déjà... car moi je ne sais pas tromper... je voulais tout vous dire et vous avouer...
la princesse.
Que vous en aimez une autre!
Maurice, vivement.
Qui ne vous vaul pas, peut-être?
fZ ADRiENNE LECOUVREUR.
la priivcesse, en cherchant à se modérer. Et quelle est-elle?... (Avec explosion.) Quelle est-elle? Répondez... car vous ne savez pas ce dont je suis capable.
MAURICE
C'est justement pour cela que je ne veux pas vous la nommer... (D'un Ion conciliant.) Mais au lieu d'empor- Jemcnt et do menaces, pourquoi ne pas se parler de franche amitié, pourquoi surtout ne pas se dire loyalement la vérité? Jamais je n'ai vu de femme plus aimable que vous, plus séduisante, plus irrésistible, et pourquoi? C'est que vos chaînes ne semblaient tressées que de fleurs, c'est que gracieuses et légères, elles retenaient un heureux et non pas un captif... c'est que toujours prête à les briser, votre main coquette ne craignait pas iVen détacher parfois quelques feuilles.
LA PRINCESSE
Maurice !
MAURICE
J'ai juré de tout dire. C'est sous l'empire d'un pareil traite, que le plaisir un jour nous a souri, car ni vous ni moi, n'avions pris au sérieux un semblable sentiment, et nos liens volontaires ont eu d'autant plus de durée que chacun de nous s'était réservé le droit de les rompre; le reproche est donc injuste; où il n'y eut point de serment, il n'y a point de parjure.. .(Avec chaleur.) Il y en aurait, si je manquais à l'amitié et à la reconnaissance que je vous ai vouées. De ce côté-là, j'en jure par l'honneur, je me crois engagé. Pour le reste, je suis libre.
LA PBlIVCESâB.
Pas de me trahir, perfide!