ACTE I, SCÈNE IL
LA PRINCESSE
Je n'étais pas obligée de vous l'annoncer... l'abbé; avec chaleur.
Eh bien! oui... C'est pour tous Que je me suis fait l'intime ami de votre mari ! Pour vous, je suis de toutes ses parties ! Pour vous, je vais à l'Opéra et chez la Duclos! Pour vous, je vais à l'Académie des sciences! Pour vous enfin, j'écoute M. de Bouillon dans ses dissertations sur la chimie, qui ne manquent jamais de m'endormir !
LA PRINCESSE
Pauvre abbé !
l'abbé.
C'est mon meilleur moment!., je ne l'entends plus... et je rêve à vous !.. Mais, convenez-en vous-même, un tel dévouaient mérite quelque indemnité, quelque récompense...
la princesse, souriant.
Oui, l'on vous a souvent donné, à vous autres abbés de boudoir, pour moins que cela ! Mais, dussiez-vous crier à l'ingratitude, je ne peux rien pour vous en ce moment.
l'abbé, vivement.
Ah ! je ne vous demande pas une passion égale à la mienne! c'est impossible !.. Car ce que j'éprouve pour vous, c'est une adoration, c'est un culte!
LA PRINCESSE
Je comprends, l'abbé, et vous demandez pour les frais du... Impossible, vous dis-je... mais, silencp! on vient... C'est mon mari et madame la duchesse d'Aumont... N'avez - vous pas aussi quêté de ce côté-là?...
l'abbé.
La place était prise...
LA PRINCESSE
C'est jouer de malheur... (A part.) Ce pauvre abbé arrive toujours trop tard.