‹ Adumbratio Kabbalae christianaeChapitre 66 sur 117 · AZ T · texte numérisé non relu

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de nouveau sous le soleil; Eccles., 1, 10.

VIII. Septimo. Si DIEU n'a pas donné la durée d'existence à des créatures aussi nobles, tandis qu'il l’a donnée à la matière, c’est qu'il ne l’a pas voulu ou qu’il ne l’a pas pu. Mais cela répugne également à sa Justice et à son Omnipotence. Donc il l’a donnée.

Objection première : Dieu ne doit rien à personne. Saint Paul aux Rom. x1, 35. En quoi a-t-il pu faire injure à qui que ce soit en accordant plus ou moins cette durée d'existence? Je réponds : Le texte allégué parle de l'usage de sa rigueur envers les seuls | êtres tombés; mais auparavant il a été parlé RES de l’usage de sa bénignité pour les êtres qui | | ont gardé leur état de constitution primitive ; | et Cette bénignité ne saurait se diriger que d'aprés le Bien le plus absolu, sans rigueur ni impédiment pouvant la restreindre.

on IX. Octavo.: — Lorsqu'au moyen d’une | De Opinion, on peut résoudre facilement toutes les difficuliés qui se présentent dans les af-

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faires humaines, cette Opinion, non seulement est la plus vraie, mais encore la plus exacte. Or celle de la préexistence des âmes réunit ces conditions. Donc, etc.

La mineure estprouvée, parcequ’elleétablit l'opinion suivante : que les âmes des hommes ont existé autrefois dans un autre état, danslequel elles ont offensé le Créateur en diverses manières et à divers degrés; c’est pour cette raison que pour satisfaire à sa justice infinie elles ont dû subir certaines calamités ou certaines peines, chacune suivant son degré de prévarication et l’énormité de son apostasie,

Au moyen de cette clef, nous pouvons alors éclaircir ce mystère, pourquoi beaucoup d'hommes éprouvent tant d’aversion pour toute religion et pour toute vertu, et pourquoi beaucoup d’autres sont complètement stupides, plongés invinciblement dans une nonchalance coupable à laquelle ils sont incorrigiblement portés, ainsi qu’à tous les vices, dès leur enfance. Nous comprenons

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aussi pourquoi des nations entières, depuis bien des siècles, sont ensevelies dans une barbarie absolue, dans laquelle beaucoup sont encore retenues aujourd'hui.

Cet étrange état de choses nous obscurcirait les voies de la Providence, si notre hypothèse ne venait y répandre la lumière.

Objection première envers ce huitième argument : Par l'opinion des Epicuriens qui ne donnent à Dieu aucune Providence, on peut résoudre également toutes les difficultés touchant les destins inégaux des justes et des impies. Cette opinion n'est-elle pas très vraie et très utile, ete. Je le nie : L’hypothèse de la Préexistence ne contient rien par quoi Dieu ait pu déroger à sa dignité, et 1l est même injurieux de la comparer aux hypothèses de l’athéisme. De plus l’antécédent est faux.

! Objection seconde : Nous ne connaissons ne. spécialement les causes de diverses

sortes qui régissent les corps, parce que

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Dieu ne nous les à pas révélées, (Voyez S. Paul aux Romains, xt, 33 : Z! n’a pas été permis, etc.) Je réponds : Mais Asaph était entré dans le sanctuaire de Dieu (Psaume LXXII, 17. Vulg, LxxIH1), Dieu a donc certains moyens pour révéler ce qu'il sait à ses serviteurs, et auxquels bien peu sont conviés.

Objection troisième : Le Péché originel est la source et l'origine de tous les maux, et de celte source émanent plusieurs fleuves qui font germer des fruits de péchés actuels el d'autres supplices.

Je réponds : quelle que soit la source d’où émane des fleuves, et la semence qui produit des fruits, on peut dire qu’elles en sont la cause réelle, prochaineet même individuelle.

et non imaginaire et en puissance.

Il s'ensuit donc qu’il existe un péché, commis par un seul et non par chacun des hommes et auquel on peut imputer tous les autres, ce qui confirme notre hypothèse.

Vous dites : J'ai voulu entendre la corrup-

tion de la nature. Je réponds : il faudrait alors l'appeler peine et non péché, car elle est égale et uniforme; aussi ne laisse-t-elle paraître, sous ce rapport, aucune inégalité de sort.

Objection quatrième. Dieu a permis que certains subissent un sort que d’autres ont mérilé, VOy. S. Luc, xIn, 3, 4, ET tandis qu’il punit ceux-là, il donne à ceux-ci des

preuves de sa longanimité. Je réponds : le

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passage allégué à trait à la prophétie de la subversion de la ville et de la prise de la Cité par les Romains, ce quiin’est ici d’aucune

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autorité. Au reste, Dieu n’admet pas que

l’on se permette de mesurer sa longanimité ;

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il ne manque pas de raisons lorsqu'il juge ou

qu'il pardonne.

Objection troisième. Z{ n'est rien d’absurde à dire : le péché originel peut se trouver à un degré plus intense chez les uns, plus faible chez les autres; plus intense, par exemple,

dans les enfants nés de parents endurcis

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dans la prévarication, ce qui est marqué dans KEzéchiel, xvi, 2; xix, 2. S. Matth.

I, 7. S. Luc, 1, 7. Par suite, il n’est pas extraordinaire d'y trouver de nombreuses variations. Je réponds : l'acte un et singulier que fut la chute d'Adam, considéré comme individu, ne peut avoir eu plusieurs degrés, en un seul et même temps. Donc, si le péché originel se trouve à des degrés divers il en résulte qu’ils ne peuvent provenir d'un seul sujet ; or c'est ce que nous voulons. c’est-à-dire affirmer qu’un grand nombre d’âmes étaient contenues en Adam, à divers degrés.

Les passages allégués ci-dessus et qui attribuent les mauvais enfants aux mauvais parents ne peuvent être détournés pour s’appliquer au péché originel (qui est d’ailleurs une figure et devrait plutôt s'appeler peine originelle) car c’est par l’imitation que font les enfants, plutôt que par leur génération même qu'ils deviennent ainsi mauvais. En effet, si l’on veut soutenir que la dépravation morale

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