‹ Adumbratio Kabbalae christianaeChapitre 67 sur 117 · CM · texte numérisé non relu

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des parents est héréditaire, il n’est pas de raison qu'elle ne soit perpétuelle. Si elle est perpétuelle d’où viennent alors tant d’exemples de fils probes engendrés par les pères les plus mauvais? On ne peut donc dire que cette inclination à la dépravation, qui existe à l’état latent en l'esprit des parents et se transmet héréditairement avec les esprits séminaux, soit le péché originel. On n’y peut rapporter non plus les variétés du sort, puisqu'il se transmet à la naissance.

X. Nono. Toute opinion qui ne contredit à aucune de nos facultés est vraie sans aucun doute. Or celle de la préexistence est semblable. Donc. etc.

Objection première. Vos facultés ne sont pas des indices de controversion, non plus que nos options diverses, mais seulement les principes, soit de la nature, soit de la Sainte Ecriture. Je réponds : les facultés humaines, c’est-à-dire les sens, la raison, l’intellect sont juges suivant la Norme. Déjà l'opi-

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nion de la translation (fradux) des âmes contredisait à la raison, parce que l'âme n'étant nullement matérielle ne peut adopter un mode de propagation essentiellement matériel.

On ne peut pas non plus comprendre une translation spirituelle, à moins d'admettre l'hypothèse des Kabbalistes sur la pluralité des âmes, latentes en un seul sujet, et s’échappant d'une souche unique, ce qui ne détruit pas la préexistence.

Donc cette opinion ne contredit en rien à nos facultés, c'est-à-dire les sens, la raison ni l'intellect. De plus elle ne contredit n1 les principes de la Nature ni de l’Écriture.

Objection deuxième. Cette opinion, laissée indécise par la révélation, contreditalorsaux Écritures et à l’intellectilluminé par l'EÉcrtiture st elle se trouve sans fondement dans les Livres saints, ce qui a lieu ici. les, 8. Je réponds : cetteopinion est purement philosophique, comme je l’ai dit. De plus on ne trouvera

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aucun passage qui dise dans l’Écriture : les Ames n'ont pas préexisté. Ici donc la controverse ne donne lieu à aucune contradiction, surtout lorsque ceux desquels nous avonstiré notre philosophie, c’est-à-dire les Hébreux, s’accordent en tout sur la préexistence, Objection troisième. Cette opinion contredit à l’intellect, en ce qu'ilne peut se persuader de la raison de la sentence qui fait l'âme préexistante avant le corps. Car la fin pour laquelle l'âme a été naturellement créée, c'est de constituer l’homme complet par son union avec un corps. Si on admet l'hypothèse, alors elle renferme une pétition de principe. Je réponds : Si l’âme ne peut être un homme, sans être unie à un corps charnel, il en résulte alors que nous ne serons pas hommes dans l'éternité. Celui qui établit une thèse basée sur toute la philosophie antique, aussi bien des Grecs que des Barbares, ne pêche pas par le principe; ce sont plutôt ces modernes qui ne suivent ni l'antiquité.

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ni les expressions de la Sainte Écriture, mais seulement leurs sensations matérielles.

XI. Décimo. Toute opinion qui, seule, sans aucune difficulté, explique la nature du péché originel, doit être préférée aux autres. Or, la nôtre possède cette propriété. Ergo, etc.

La mineure est prouvée, parce que, suivant cette hypothèse, quel que soit l’auteur du péché primordial, nous n’avons pas besoin de recourir au péché n1 à la peine d'Adam, où se trouve vraiment un labyrinthe de difficultés. Nous n'avons pas à scruter par quelle secrète et insondable manière ce péché est entré en nous, ni comment la justice divine a pu enfermer dans des corps immondes, des esprits presque immaculés qui n'étaient coupables d'aucune faute, étant donné qu'ils n'avaient eu aucune participation à la faute d'Adam :

toutes propositions fort difficile à résoudres.

Objection première. Z{ ne nous est pas permis de nous créer des moyens fictifs pour résoudre les difficultés; mais c'est à l'Écri-

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(ure que nous devons recourir dans les mystères de la foi, et que nous devons chercher ce qui peut convenir à notre méthode de ratsonnement. Je réponds : Les opinions philosophiques ne doivent pas être assujetties à la règle de l’Écriture, sauf si elles y contredisent expressément. C'est à cet usage que se conforment la plupart des théologiens et ils lui soumeftent tout ce qui est susceptible d'opinions diverses,

Objection deuxième, Quant à rendre auleur du péché tout autre qu'Adam et Eve, c'est ce dont on ne trouvera aucun fondement dans l'Ecriture. Je réponds : les passages cités ci-dessous convaincront du contraire.

Objection troisième. £{ on en trouvera encore moins dans la nature. Je réponds : on peut dire de ceci, avec Ezechiel : xvir, 19 et suiv.; le Fils ne doit pas porter l’iniquité du Père; c'est l’âme qui a péché qui doit mourir elle-même. |

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Objection quatrième, — Z/ est dit dans l'Écriture qu'Adam et Eve sont la source de tout le genrehumain. Act. des Ap., xvir, 86. Je réponds : I] faut distinguer entre l’état d'habitation sur la terre, et l’état de la substance, prise per se, qui est désigné, Zbid., 28, 29. Or, c'est du premier que parle S. Paul et non du second. Et ensuite : Æ1 nous avons péché eneux., S. Paul aux Rom., v, 12. Je réponds : à moins qu'on ne veuille attribuer à l’entité les actes réels, le passage sasdit ne doit pas s'entendre ainsi, mais bien que tous les hommes doivent passer par la mort, parce que tous les hommes ont péché ; ou suivant le syriaque, 20797037 12

Ainsi nous subissons tous, pour cette cause, le même sort.

Objection cinquième. Æn quoi tlentonsnous la justice de Dieu, en disant que la peine est infligée, non pas parce que ceux qui ont péché l’ont fait semblablement à Adam, mais parce qu'ils ont péché réelle-

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ment dès le commencement de leur séminalion.

Je réponds : pécher dès le commencement de la sémination, c’est pécher en puissance ; c'est comme dit S. Jérôme et les auteurs qui ont suivi son Opinion, avoir erré par translation. Or, il est certain que celui qui n’erre pas lui-même, ne péche pas, excepté si nous appliquons aux esprits élevés ce qui ne s’applique qu'à la matière, comme quand nous disons que le fruit d’un arbre vénéneux est imprégné de poison parce que l'arbre luimême en est imprégné, et que la rose est colorée parce que la tige est imprégnée de couleur, ce qui est bien proche de la voie de l'athéisme.

XIT. Undecimo. — Toute opinion qui seule tranche toutes les difficultés qui peuvent provenir des diverses inclinations des esprits humains, doit être préférée aux autres. Or celle de la préexistence présente cette qualité. Donc, etc.

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La mineure se prouve ainsi : Les com- plexions internes de l’homme sont aussi variées que leurs constitutions externes. Les crases Où constitutions de leur esprit, aussi diverses que celles de leur corps. Il en résulte que, semblablement aux Idiosyncrasies des corps, où tempéraments radicaux des parties de ces Corps, se produisent également des Idiosyncrasies des esprits et des âmes. qui en créent les propensions; elles sont donc comme les signes distinctifs de ces âmes, qui en sont marquées, et commé imprégnées dès qu'elles viennent en ce monde.

Car on peut très facilement observer que certains hommes se rattachent volontiers à telle ou telle opinion, au point qu’ils l'adoptent presque à première vue et s’y tiennent ensuite très fermement ; par contre, d'autres, aussi érudits, d’un esprit non moins judicieux et pénétrant, hésitent beaucoup devant cette opinion, bien qu’elle soit clairement proposée, établie également sur une parfaite

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