CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR L’AIR DES MONTAGNES
Cet écrit a pour but de justifier la prétention d’imiter la nature en réalisant d’une manière artificielle les effets bienfaisants de l’air des montagnes sur la santé de l’homme. Des résultats concluants attestent l'efficacité de l’art dans cet effort d’imitation. Mais quelque nombreux, quelque satisfaisants qu’ils puissent être, ils ne suffiraient jamais à convaincre des esprits prévenus, si le raisonnement et la théorie, se liant aux faits accomplis, ne mettaient d’avance leur généralisation au-dessus des attaques du plus sérieux adversaire. Pour procéder méthodiquement dans le développement de mes moyens de conviction, je dois, avant tout, m’efforcer de détruire le vague qui règne dans les esprits à propos de cette expression mal définie : Yair des montagnes. Cet air, considéré d’une manière absolue, a-t-il en réalité quelque valeur? Pensons-nous que les habitants de Biarritz et de Nice puissent être essentiellement influencés par les vents qui soufflent des Pyrénées etdjes Alpes, au même titre que les montagnards dont le séjour est fixé sur les vallons élevés de ces chaînes européennes ? Personne n’oserait le prétendre, et malgré la routine qui nous porte à confondre sous
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une désignation générale les atmosphères réellement variées qui se mêlent aux grandes ondulations du sol, notre pensée ne saurait partager cette confusion du langage, et rattacher la même influence sanitaire à l’air que respirent les moines du Saint-Bernard, et & l’atmosphère qui alimente l’habitant de Gênes.
Nos convictions à cet égard acquerront une force plus irrésistible encore si, détachant notre esprit des monts qui nous entourent, nous voulons porter sur les rivages américains nos regards attentifs. Nous y verrons la côte qui borde l’occident du golfe du; Mexique s’allonger du sud au nord à la base de la gigantesque Cordillère. La mort y saisit au passage l’Européen que la brise des monts est impuissante à protéger. Bien loin des bords de l’Océan, lorsque, franchissant les premiers degrés de la pente de cette imposante chaîne, il porte ses pas vers des régions moins empestées, des pitons arides ou des monts verdoyants battent sur son chemin l’air que le voyageur respire. C’est ainsi que, de Vera-Cruz aux gorges du Chiquihuite, nos braves soldats ont abreuvé leurs poumons à l’atmosphère des Andes grandissantes. Hélas ! combien de malheurs déplorés ont inscrit sur cette voie funeste l’impuissance du souffle de la montagne contre les émanations délétères de ce sol embrasé !
Et moi-même, dans un séjour de près de vingt années, j’ai gravi bien souvent lés escarpements de cette contrée, aujourd’hui si malheureuse. J’ai vu ses vallées fertiles et ses champs désolés. Descendant du plateau de Puebla, j’ai admiré les campagnes fécondes d’Atlisco, et, parvenu au riche district d’fzucar, j’ai contemplé les belles moissons de canne à sucre au pied même du mont Popocatepctl, dont la cime est éternellement blanchie par la neige. Dans une autre direction, après avoir franchi les montagnes qui bordent la vallée de Mexico, j’ai suivi la route d’Acapulco à travers des rocs peu fréquentés, saluant au passage des plantations sucrières qui, comme des oasis dans le désert, viennent réjouir les regards du voyageur fatigué de l’aspect de tant de montagnes stériles. Partout, à mes côtés, devant moi, sous mes pas, au-dessus de ma tête, surgissaient ces géants de l’Amérique tropicale qui s’étendent majestueusement,' tantôt en plateaux fertiles, tantôt en rochers sans vie, souvent en pics arrondis que la végétation couronne avec élégance,
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La brise embaumée de la nuit, le souffle tempéré de l'aurore, les vents impétueux de l’ouragan, le calme de l’air, les éclats le l’orage, toutse succède sur cette Cordillère féconde en météores imposants, en paysages imprévus, en panoramas grandioses.
Au milieu de ces^scènes de la nature que dominent les ondulations capricieuses du sol, voit-on l’air renommé de la montagne porter en tous lieux sa vivifiante influence, neutraliser ici les émanaiions.d’un sol embrasé, là les influences d’une élévation qui glace l’atmosphère ?
Ilélas ! dans les champs cultivés d’Izucar, au; pied même du grand géant de cette Cordillère; sur le sol fertile de Cuernavaca, dominé par des monts pittoresques; à Guerrero, à Mcchoacan, à Jalisco ; partout où la canne à sucre prospère, le cortège de maladies communes'aux bords du golfe menace la santé et met en péril la vie des habitants. Il n’en faut excepter que la fièvre jaune.
Mais lorsque, franchissant les pentes qui conduisent aux plateaux élevés, l’homme a fixé son séjour sur l’Anahuac, à 2000 mètres d’élévation au-dessus de l’Océan voisin, la vie trouve des garanties contre les émanations des niveaux inférieurs et contre les affections que la grande chaleur de cette latitude a coutume de produire.
' L’influence tropicale sur la santé n’oserait atteindre ces hauteurs imposantes où le Mexicain goûte les douceurs de la température et les délices d’un ciel incomparable, à l’abri de la fièvre paludéenne et des autres maladies du rivage.
Et cependant, dans ce pays merveilleux, ici comme plus loin, à la base comme sur les plateaux de ce soulèvement géodésique, on respire également l’air renommé de la montagne. Mais il est aisé de remarquer qu’impuissant à maîtriser les influences d’une latitude, cet air n’acquiert en réalité quelque valeur que dans la mesure des élévations dont les aspérités du sol fournissent une cause si variée. Toutefois gardons-nous de penser que ces migrations vers les hauts sommets assurent à l’homme des garanties de salubrité partout uniformes. L’air des montagnes très élevées est loin de manifester son pouvoir bienfaisant d’une manière aussi absolue Disons mieux, lorsque le séjour est fixé au delà de 2000 mètres de hauteur, un contraste douloureux s’établit entre la splendeur du ciel et les con ditions précaires qui sont imposées à la vie.
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L’homme d’Europe, en effet, n’a pas prospéré sur les altitudes imposantes du Mexique. Il est difficile d’appuyer cette assertion sur une statistique sérieuse. Ce travail n’est pas possible sans le concours du gouvernement, et dans un pays où les révolutions changent les administrations à toute heure, op compreiid que rien n’ait pu se faire à cet égard avec quelques droits à notre confiance. Des chiffres existent cependant, mais ils sont sans nul doute exagérés. D’après les calculs administratifs, en effet, la population du Mexique monterait à 8 283 088 habitants, dont les catégories sont ainsi désignées :
fl«co européenne pure.... 1 65G020
Indiens.. 2 208 824
Métis.... 4 417 644
Total. 8 283 088
Le chiffre chargé de représenter la race blanche dépasse évidemment la réalité, On serait plus près de la vérité, je pense, si l’on admettait :
Blancs..... 600 000
Indiens et métis. 6 000 000
Total. 6 600 000 habitants.
Trois siècles et demi n’auraient donc pu réussir à disséminer que 600 000 blancs purs dans ces riches contrées. On ne Saurait douter que les douceurs de la température, l’attrait d’un beau ciel, les richesses naturelles de tout genre, n’aient attiré sur les hauteurs du plateau, dès le principe, la grande majorité des émigrants. Ils y ont bâti des villes splendides. Ils ont, à de longues distances, fondé des établissements agricoles importants ; mais non loin de ces témoignages de leurs efforts, vous ne voyez que le désert. De belles villes, et tout autour presque rien pour les annoncer. De riches haciendas où le bétail, effarouché à votre approche, s’enfuit comme un troupeau de bêtes fauves, et de l’une à l’autre, plus de huttes d’indiens que de villages prospères. On voit partout, côte à côte, l’effort et l’impuissance.
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On me dira peut-être que les malheurs ont envahi ce beau pays avec les discordes civiles, et que c’est là la cause d’une décadence que le climat par lui-même eût empêchée sans nul doute ; c’est une erreur. Quelles que soient les infortunes qui ont leur origine dans les révolutions qui le désolent, ce pays a plutôt prospéré, dans ses produits, que perdu dé ce qu’il était sous l'administration espagnole. D’ailleurs, son indépendance ne s’étend pas encore à un demisiècle, et ce n’est pas ce temps qui l’a dépeuplé.
On croirait cependant que la prolongation du séjour peut rendre l’homme susceptible de prospérer sur ces hauteurs considérables. L’Indien, en effet, dès longtemps acclimaté, possède une poitrine dont l’ampleur dépasse les proportions qu’on devrait attendre de sa taille peu élevée. Aussi se livre-t-il sans gêne à des exercices qui auraient heu de surprendre en tout pays. Il entreprend à pied des voyages lointains et marche rarement au pas : la course est son allure favorite. On le voit, par des journées suffocantes, le corps en avant, les avant-bras relevés, un fardeau sur le dos, entreprendre une excursion de dix à quinze lieues par jour pour son modeste trafic avec la capitale. Sa vaste poitrine le met à l’aise au milieu de cet air délié, et même, sous les rayons d’un soleil ardent, il peut y puiser l’élément d’une respiration qui résiste aux plus grandes fatigues et le conduit à une vieillesse avancée.
En est-il ainsi de la race blanche ? Tout l’abat, au contraire, sous ce ciel dont les apparences séduisantes forment un contraste déplorable avec la triste réalité. L’enfance y est chétive, et Ton voit rarement sut son visage, pour l’ordinaire pâle et blême, les couleurs fleuries qui, en Europe, donnent tant d’attrait au bas âge. Celte première époque de la vie est fertile en maladies mortelles. C’est vraiment merveille de voir l’homme la franchir à travers tant d’attaques aiguës qui viennent à chaque instant l’assaillir. L’adolescence y est aimable et saine, avec une intelligence précoce. La jeunesse a son élan comme partout. Mais on dirait que quelque chose manque à son ardeur : ou l’impulsion qui fait entreprendre, ou le but qui soutient dans l’action. Les facultés intellectuèlles s’y déve- •oppent admirablement à cet âge heureux de la vie, mais l’activité s’endort.
C’est avec ce sommeil moral qu’on arrive à l’âge mûr* l’âge,
partout ailleurs, des entreprises sages et vraiment utijes. Une imagination vive inspire aisément, à cette époque de la maturité de la vie, les conceptions les plus heureuses, qui ne demanderaient que l’action pour être fécondes ; mais l’apathie les fait avorter, à peine conçues, et c’est ainsi que, sans avoir rempli sa carrière, on franchit les barrières de la vie dans une vieillesse souvent sans fruits et presque toujours prématurée.
L’éducation est pour beaucoup dans les causes de ce résultat déplorable ; mais l’influence climatérique des altitudes y occupe sa plus grande part. 11 est facile de s’en convaincre en portant alternativement les regards sur la race espagnole au milieu des climats originaires, et sur les descendants qui peuplent aujourd’hui l’Ana* huac.
Abstraction faite de la valeur morale, que nous ne mettons pas en question, il reste indubitable, après cet examen, que l’organisation et la force vitale ont reçu de graves atteintes sous l’influence des lieux élevés.
Et remarquons bien que l’élévation seule produit les résultats que nous venons d’énoncer, non une élévation modérée, mais celle qui dépasse 2000 mètres au-dessus du niveau des mers voisines. Il est donc vrai de dire que l’air de la montagne considéré aux deux extrêmes d’une ligne verticale de 2 kilomètres, tout-puissant à protéger les habitants du sommet contre les émanations délétères qui existent à la base, ne saurait les garantir des influences non moins funestes qui agissent sur la vie d’une manière si déplorable.
Il est même digne de remarque que si l’on voulait établir un parallèle entre les hommes de race blanche qui habitent sous le ciel séduisant de l’Anahuac, et ceux qui peuplent les pays de la côte, dont la réputation d’insalubrité est si généralement connue, la comparaison ferait ressortir l’avantage en faveur.de ces derniers. Je m'en suis clairement expliqué dans mes précédents écrits, et je crois inutile d’insister davantage à cet égard (voyez mon livre sur le Mexique, pages 101 et suiv.).
Les blancs, en recherchant l’ombre du domicile, supportent assez bien l’air des altitudes et y trouvent des charmes, sous la condition d’une santé faible et avec la perspective d’une longévité réduite. Mais ils succombent surtout aux ardeurs solaires parmi les
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travaux agricoles, au milieu de ces belles plaines où le thermomètre nous indique un printemps éternel. Le typlius et les maladies du foie les y tuent.
Aussi pourrez-vous faire sur les hauteurs de l’Anahuac des demeures somptueuses, des villes où le ciel doux vous enivrera sans cesse ; mais vous y peuplerez difficilement les ravissantes campagnes de familles paisibles et robustes qui, chaque jour, puisent dans leurs travaux champêtres le pain qui les-nourrit et la santé qui les récompense. Ce que nous disent les voyageurs, et les Anglais surtout, de la'salubrité des altitudes de l’liimalaya, ne saurait me convertir à d’autres pensées. On a coutume de juger ces contrées élevées par opposition avec les maladies [qui régnent au pied des montagnes et sur les rives du Gange, comme à Vera-Cruz et à Mexico On apprécie le climat des hauteurs au point de vue de la préservation des maladies qui régnent à la côte. Les jugements seront tout , autres quand on considérera les altitudes plus absolument, comme j’ai essayé de le faire moi-même.
Quelles qu’aient été, du reste, mes affirmations sur l’acclimatement plus parfait de la race indienne qui habiLe les hauteurs, je ne dois pas laisser ignorer que cette race n’est pas absolument à l’abri des influences funestes des grandes élévations. Les travaux modérés des champs, qui sont des garanties de longévité et de santé robuste dans tous les pays tempérés du niveau des mers, rendent au contraire, plus courte et plus sujette aux maladies la vie des indigènes qui se livrent à l'agriculture, de l’Anahuac. Je ne saurais présenter à cet égard une statistique basée sur des chiffres; mais l’aspect des Indiens dont je parle; et la conviction des fermiers qui les emploient, sont des arguments qui n’admettent pas de réplique.
En somme, donc, l’air des montagnes respiré d’une manière constante à 2000 mètres de hauteur est loin d’être favorable au développement des facultés physiques de l’homme.
11 n’en est pas de même d’une altitude modérée. Mais les montagnes situées dans les régions tropicales sont peu propres à nous en donner la preuve. Lorsque, en effet, les niveaux s’abaissent dans ces contrées généralement brûlantes, le froid inséparable d’une élévation considérable,fait promptement place à la chaleur que ces latitudes ont coutume de produire. 11 en résulte que, pour l’ordi-
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naire, l’influence vulgairedes localités torrides commence presque au même point où l’altitude cesse d’être nuisible par elle-même.
Cette transition n’est pas cependant assez brusque pour que le Mexique ne fournisse aucune preuve des bienfaits que l’homme peut attendre de l’air des montagnes modérément élevées. Ainsi, Jalapa et bien d’autres lieux offrent des garanties réelles contre les influences opposées, qui sont évidentes à la base et sur les plateaux de la Cordillère. Mais il est à remarquer que ce résultat heureux n’est guère appréciable que dans la ville elle-même. Dès lors que les habitants portent leur activité vers les champs en culture, l’influence torride s’y fait assez sentir pour que les émanations y deviennent funestes à la manière de celles qui causent, à un plus haut degré, les malheurs trop connus à la côte.
On ne saurait nier néanmoins que c’est à cette hauteur intermédiaire que le climat du Mexique est le plus salubre, et il est incontestable que les habitants, plus robustes, y jouissent d’une somme de vie peu commune partout ailleurs. Là viennent s’éteindre également la langueur produite par les platèaux'et les empoisonnements de la côte du golfe.
Mais les montagnes d’Europe caractérisent les effets de cette altitude moyenne d’une manière beaucoup mieux tranchée, parce que la mauvaise influence d’une température élevée n’y met nullement obstacle à la manifestation des bienfaits qu’on en doit attendre ; aussi commence-t-on à observer ces effets heureux avec évidence, dès qu’on s’élève à ffOO mètres, et on les voit s’exercer sans entrave dans une zone qui n’a pas moins de 600 mètres d’étendue dans le sens vertical. M..le docteur Lombard (de Genève) est le médecin qui a le mieux observé et le mieux décrit l’influence favorable de cette zone sur la santé de l’homme. Conformément à la croyanee. vulgaire qui place dans les climats de montagnes le développement organique le plus robuste, ce confrère distingué nous démontre les bons effets des régions alpestres sur les constitutions que des localités moins favorisées ont affaiblies notablement. J’aurais plaisir à développer ses observations et ses arguments en faveur des hauteurs modérées dans leurs rapports avec la santé de l’homme. Mais le but de cet opuscule se refuse aux longs développements* et doit se limiter à préciser l’importance des observations
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que le mérite de leurs auteurs et les croyances générales rendent incontestables. Or, répétons le, ces observations et ces croyances nous présentent les habitants des montagnes européennes, dans les points que la rigueur de la température ne rend pas inaccessibles, comme étant doués d’une force peu commune ailleurs, et très remarquables par les cas nombreux de longévité qui sont observés parmi eux.
conclusions. ■
De tout ce que nous venons de voir, nous pouvons donc tirer les conclusions suivantës :
1° Au pied des grandes chaînes, l'air des montagnes n’a pas plus d’infltjënce sur la santé que l’air des plaines.
2° Cet air devient fortifiant à une hauteur moyenne,
3“ Il est débilitant au delà de 2000 métrés.
Il est conséquemment hors de doute que si nous voulons trouver une explication judicieuse aux conditions tout exceptionnelles qui sont faites à l’air des montagnes dans ses rapports avec la vie de l’homme, nous la devons chercher loin du niveau de la mer. Où doit alors s’arrêter notre pensée? Verrons-nous dans nne altitude favorable à la santé, des raisons pour croire à une plus grande pureté de l’atmosphère par cela même que les vents y pourront avoir un plus facile accès ? Mais les vallées salubres, encaissées par de hautés montagnes, sont moins aérées que les hauteurs nuisibles et que les plaines basses, dénuéesde toute ondulation du sol. Est-ce la végétation, est-ce l’état hygrométrique, est • ce la proportion d’ozone qui ont le pouvoir de faire à l’air des localités élevées les propriétés dont l’influence sur la santé de l’homme nous est maintenant connue ? Nullement ; car des conditions à peii près identiques se rencontrent sur les niveaux inférieurs, sans que, pour cela, les habitants ou les voyageurs s’en trouvent influencés comme ils le seraient par l’hygiène des montagnes élevées. D’ailleurs ces nuances d’hygrométrie, d’ozone, de végétation, varient sur les altitudes, en
raison des localités, ce qui n’empêche pas, à quelques modifications près, que les effets sur la vie restent uniformes en ce qu’ils ont d’essentiel.
Cette uniformité d’action doit donc porter notre esprit à rattacher l’hygiène des montagnes à une circonstance qui n’en puisse être isolée en aucun pays, se présentant sur toutes les altitudes toujours dominée par des lois qui nous permettent d’en prévoir et d’en calculer les divers degrés de puissance. Or, cette condition, nous la trouvons dans la raréfaction et dans la diminution du poids de l’atmosphère.
Ici se pi'éscnte pour mes lecteurs la nécessité de porter leur attention sur quelques principes de physique relatifs à l’atmosphère. 11 est même indispensable que leur esprit se mette en rapport avec les principaux phénomènes physiologiques qui se lient essentiellement à la respiration de l’homme et à la composition du sang. On me permettra donc de rappeler ces principes et de les présenter dans cette partie de mon écrit, succinctement et en des termes élémentaires.