L*AMOUR DE ROBERT
Toute la soirée. Blanche étudia Robert, tantôt silencieux, tantôt expansif, tantôt souriant, tantôt triste, et se rendant compte maintenant de cette joie ou de cette tristesse*
— Que le cœur est égoïste I se disait-elle; comment se fait-il que, dans les regards de Robert , je n'aie pas depuis longtemps deviné Tamour qu'il ressent pour moi? C'est que je pensais à Frédéric ! Frédéric m'aime aussi, et cependant ce n'est pas ainsi qu'il est avec moi.
Est-ce que Robert m'aimerait autrement que Frédéric ne m'aime ?
Est-ce qu'il y a plusieurs manières d'aimer ?
Et pour répondre à cette question, qu'elle s'adressait à elle-même, l'innocente jeune fille était bien forcée de comparer entre eux les deux amours qu'elle avait fait naître.
Alors, elle voyait l'un rapide, emporté, brûlant; l'autre, discret, timide, dévoué.
Le premier, insatiable, dominateur, portant le trouble dans les sens, demandant des preuves pour croire, ne se contentant pas de l'âme, exigeant le corps, ayant besoin de l'ombre et du mystère, commençant par une faute, menant au remords peut-être.
Le second, au contraire, fait d'une admiration muette, d'une contemplation pieuse, donnant à celui qui l'éprouve des coquetteries virginales et des timidités d'enfant, se faisant plein de respect pour celle qui le lui
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Inspire, et accompagné d'une loyauté telle, qu'il n'ose même pas se manifester par un regard, et s'abrite derrière le silence; si pur, si naturel, qu'il a pour confidente une enfant de dix ans, c'est-à-dire un ange.
Depuis quelques jours , Blanche en était arrivée aux réflexions.
— Lequel de ces deux amours est le plus vrai ? se demanda-t-elle. Est-ce celui qui se tait? Est-ce celui qui parle? Celui qui se tait est le plus respectueux^ celui qui parle est le plus violent.
Blanche sentait bien que, devant son estime, Frédéric était inférieur à Robert, aussi cherchait- elle des excuses à son amour et à sa faute, car l'excuser, lui, c'était s'excuser elle-même.
— La timidité de Robert lui vient de sa position, se dit-elle, comme la hardiesse de Frédéric lui vient de la sienne. Robert est un homme du peuple, Frédéric est un homme du monde. Robert est à peu près ignorant, il est d'une classe inférieure à moi, il aurait eu de la peine à exprimer ce qu'il éprouvait, tandis que Frédéric peut mettre l'éloquence et l'entraînement de sa parole au service de son cœur.
Robert eût eu crainte de m'offenser en m'avouant son amour, et Frédéric m'honorait presque en m'oflfrant le sien. Et cependant, Robert m'avait sauvé la vie, et ce service-là le faisait mon égal.
Eh bien, qui sait si ce n'est pas ce service rendu qui a retenu son aveu? qui sait si, ayant droit à ma reconnaissance, il n'aurait pas regardé comme une indélica tesse, comme une déloyauté de se croire des droits à mon aokour.
Ainsi, plus Blanche cherchait des raisons à la conduite de Frédéric, plus elle en trouvait à l'éloge de celle de Robert.
Elle n'en continua pas moins ses recherches, et avec
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cette teinte de mélancolie que sa positiqn déjà exceptionnelle et que les réflexions qu'elle faisait devaient jeter dans ses pensées^ elle se dit, tout en caressant la blonde tête de Suzanne qui dormait sur ses genoux, tandis que Robert causait avec M"'* Pascal à l'autre bout de la chambre .:
— Cependant, il y a une chose qui doit inspirer le même respect et la même réserve à tous les' hommes de cœur, nobles ou non, c'est la pudeur d'une jeune fille, c'est son honneur, c'est sa réputation, c'est l'amour même qu'elle vous inspire.
Quand on veut faire d'elle sa femme, on doit la respecter assez pour ne pas faire d'elle votre maîtresse; car si on l'épouse après sa faute, on aura toujours cette arrière-pensée qu'elle eût pu céder à un autre, comme elle vous a cédé. Que je suis folle !
Je calcule là sans faire la part de la passion, de Temportement de la jeunesse, de l'amour enfin que j'ai subi moi même et qui m'a fait oublier la pudeur, le plus saint des devoirs.
Mais si Robert eût osé m'avouer son amour, il ne m'eût pas demandé ce sacrifice, lui, il m'eût dit naïvement :
« Blanche, je vous aime; voulez-vous être ma femme, voulez-vous servir de mère à ma petite Suzanne, voulez-vous être avec elle toute ma vie et toute mon espérance ? »
Voilà ce qu'il m'eût dit, le brave cœur ; et si j'eusse accepté, il eût dansé de joie, et il n'eût peut-être pas osé demander après le mariage ce que Frédéric a exigé avant. Mais il faut dire aussi que j'aime Frédéric et que je n'aime pas Robert. Ohl oui, j'aime Frédéric !
Blanche se dit cette dernière phrase comme si elle eût eu besoin de se convaincre que ce sentiment était bien réel, commesielleeût douté d'elle-mêmeenfîn; et aussitôt elle
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évoqua, pour s'en faire un appui plus solide encore, le souvenir de ses entrevues avec son amant, des paroles qu'il lui disait, enfin de toutes les raisons que le cœur d'une femme peut avoir eues de se livrer à un autre <XBur.
Elle descendait dans son esprit la pente de ses souvenirs, quand elle s'aperçut tout-à-coup qu'ils étaient remplacés sans efforts par le souvenir de ce que lui avait dit Suzanne, et que c'était à Robert qu'elle souriait intérieurement.
— Qui sait? se dit-elle alors, c'eût peut-être été le bonheur ! Une existence tranquille à,' côté d'un homme simple, qui m'eût aimée à deux genoux, et qui, toute sa vie, eût été fier de moi ; car pour lui, ouvrier obscur, j'eusse été un bonheur inespéré. Nous serions restés à Moncontour auprès de ma mère, qui eût été la sienne, auprès de mon frère, qui nous eût protégés de sa constante prière et de sa fervente religion.
Au lieu de cela, quand je serai la femme de Frédéric, qui est noble, qui est riche, il m'emmènera hors de ce village, loin de ma famille, loin de mes douces habitudes d'enfance et de jeunesse, loin enfin de cette vie intérieure •pour laquelle je suis si bien faite. Il me conduira dans un monde que je ne connais pas et que je n'eusse pas désiré connaître.
Enfant que je suis : tout nesera-t-il pas doux et joyeux avec l'homme quç^ j'aimerai? et j'aime Frédéric, et il m'aime I
Dix heures ! Voici l'heure de nos rendez vous; qu'il doit être triste en ca moment ! Quinze jours sans nous voir! Quinze jours pendant lesquels je pourrais mourir, et je mourrais sans qu'il fût là ! C'est affreux à penser.
Mais pourquoi n'est-il pas ici ? Qui l'eût empêché de me suivre? Nul ici ne le connaît, nul ne sait que je l'aime. Il fût venu se loger en face de nous. Je l'eusse vu de temps en temps. Parfois, j'aurais pu lui serrer la main
peut-être. Je l'aurais rencontré dans la rue, à TégUse ; un regard de lui eût fait ifne journée heureuse.
Rien n'empêchait que cela fûtî Pourquoi cela n'est il pas? Robert m'a bien suivie, lui; Robert que je n'aime pas; Robert qui sait que j'en aime un autre; car, hélas! il sait tout 1 Robert n'a pu se faire à l'idée de rester vingt-quatre heures sans me voir,, et Frédéric, que j'aime, accepte de passer quinze jours loin de moi, et son cœur ne lui conseille pas ce que Robert a fait.
C'est étrange î II ne m'aime donc pas autant que Robert m'aime ? serait-il donc vrai que l'homme auquel on s'est donné ne vous aime plus autant que celui qui n'a reçu rien de vous ?
Ainsi, de ces deux hommes qui m'aiment , celui qui m'oublie, c'est celui à qui j'appartiens ; celui qui se souvient et qui protège, c'est celui que je n'aime pas, qui ne peut être que mon frère, qui, est le confident de ma faute, et qui cependant vient mettre sa vie à ma disposition.
Car, enfin, que fait-il ici? Il y est venu dans la crainte d'un malheur; il soupçonne celui qui occupe dans mon cœur la place qu'il y a ambitionnée un instant, capable de me tromper et de m'abandonner, et il veut être là pour savoir tout de suite le nom de cet homjne, pour lui en demander raison sans doute, pour venger mon honneur, pour le tuer ou se faire tuer par lui.
• Et cela à cause de moi, qui ne l'aimerai jamais, et cela malgré sa sœur, dont il est l'unique soutien dans le monde I
Oh! oui, cet homme m'aime plus que l'autre...
Et si ce qu'il craint allait arriver; si, lorsque nous retournerons à Moncontour, Frédéric n'y était plus; si je ne trouvais plus qu'une lettre d'abandon, que deviendrais-je, mon Dieu ! dans l'état où je suis.
Et Blanche, à cette effroyable supposition, à ce terrible
pressentiment^ ne put retenir un eri, et cacha sa tête dans ses mains.
— Mon enfant, qù'as-tu? s'écria M"»® Pascal en courant à sa fille et en la prenant avec terreur entre ses bras.
Suzanne s'était réveillée, et regardait autour d'elle avec étonnement.
Robert était tout pâle,
— Ce n'est rien, ma mère, ce n'est rien , répondit Blanche en se levant et en essayant de sourire à M°»« Pascal, je m'étais assoupie, et il m'est arrivé ce qui arrive souvent aux gens qui s'endorment. Il m'a semblé que je tombais, et j'ai poussé un cri.
Robert ne se laissa pas tromper par cette raison, mais M™« Pascal^ qui ne pouvait se défier d'elle, s'y laissa prendre et lui dit :
— Tu as besoin de repos, chère enfant ; il faut te coucher; je vais préparer ton lit.
Et M"^® Pascal, prenant une lumière, passa dans la «hambre voisine.
Alors Robert s'approcha de Blanche.
^ — Vous souffrez, mademoiselle? lui dit-il.
— C'est vrai, mon ami.
— Tâchez d'avoir de l'empire sur vous. Songez aux malheurs qui en résulteraient si vous trahissiez vos secrètes pensées. Ayez confiance en moi, Blanche, je vous en prie.
— Merci! Robert, merci, répondit la jeune fille en tendant sa main à l'ouvrier, mais en baissant les yeux; car maintenant qu'elle se savait aimée de lui, sa faute lui paraissait plus grande encore, et elle n'osait le regarder en face.
— Ayez confiance en moi ; dites- moi tout; je vous le demande de nouveau, et tout ira bien.
— Vous avez donc deviné à quoi je pensais tout-àl'heure?
— Oui. Ma pensée ne vous perd pas de vue un instant.
— Et vous me dites d'espérer?
— Oui. Car je vous donne ma parole d'honneur que le mal sera réparé^ s'il y en a.
— Et vous, êtes- vous heureux, Robert? demanda Blanche, poussée par une secrète espérance que Robert, lui aussi, serait franc avec elb et lui avouerait Tétat de son âme.
— Oui, Blanche, je suis bien heureux.
L'effort que le jeune homme avait fait pour répondre cette phrase était visible, et il avait un tel poids sur le cœur en la disant, qu'il détourna brusquement la tête, car il sentit qu'il allait pleurer.
En ce moment, M™« Pascal rentrait.
— Ton lit est prêt, dit-elle à sa fille.
— Bonsoir, madame. Bonne nuit, mademoiselle, fit Robert.
— Vous nous laissez Suzanne, n'est-ce pas? fit Blanche.
— Oui, puisque vous voulez bien vous charger d'elle.
— A demain, monsieur Robert.
— A demain, mesdames.
— Ah I le brave jeune homme ! dit M"^^ Pascal quand elle fut seule avec sa fille, et qu'elle eut fermé la porte; voilà le mari qu'il te faudrait.
Blanche tressaillit à ce mot; mais elle ne répondit rien.
Elle se mit au lit, et fît semblant de dormir tout de suite pour pouvoir se livrer à ses pensées.
La pauvre fille ne retrouvait plus son âme dans la confiance où elle l'avait laissée la veille. Elle n'eût pu définir ce qu'elle éprouvait, mais la révélation de l'amour de Robert pour elle avait fait passer tout-à-coup, entre elle et Frédéric, l'image d'un bonheur si tranquille, de joies si pures que, malgré elle, elle suivait des yeux cette image impossible.
La crainte instantanée dont elle avait été prise, comme d'un fatal pressentiment, avait jeté son esprit dans un
doute trop sérieux, quoique, depuis quelques jours, eomme nous Tavons dit, un doute vague se fût emparé d'elle, pour qu'elle pût fermer les yeux un seul instant de la nuit; si bien que, plusieurs fois elle se leva pour voir si le jour venait; comme si le jour eût dû lui amener le calme.
C'est le propre des esprits superstitieux, c'est un dernier reste des préjugés de l'enfance, de croire que la lumière du soleil chasse les douloureuses pensées qui fatiguent Tàme pendant les insomnies.
Toute la nuit. Blanche se figura que Frédéric l'abandonnerait. Elle le voyait fuyant, laissant la maison déserte, et elle se réveillait en sursaut, couverte de sueurs ft*oides comme la mort.
M"® Pascal dormait d'un jommeil tranquille, et Suzanne, sa petite bouche rose entr'ouverte, sa tête blonde posée sur son bras, reposait dans sa jeune innocence.
Blanche seule veillait, poursuivie par une seule et même idée, qui, à ce qu'il paraît, devait lui rendre un peu de tranquillité, car, de temps à autre, elle murmurait :
— Oui, je demanderai ce service à Robert, et il ne me le refusera pas; il est si bon! Eh bien 1 si ce que je crains arrive, je mourrai, voilà tout. Mon Dieu 1 mon Dieu ! que je suis malheureuse!
Vous savez aussi bien que moi combien le silence et la solitude de la nuit exagèrent les sentiments de l'âme; je n'ai donc pas besoin de vous dire à quel état de terreur fiévreuse Blanche était arrivée quand le jour parut.
Robert non plus n'avait pas dormi. Toute la nuit, il s'était promené dans sa chambre, s'accoudant de temps en temps à sa fenêtre ouverte et laissant tomber sa tête dans ses mains.
Il pleurait comme un enfant sur la faute de Blanche, et tout-à-coup il s'écriait :
— Oh ! si cet homme pouvait ne pas l'aimer, s'il pou-
ls
vait Tabandonner lâchement! alon» peut-être^ quand elle n'aurait plus d'espoir que dans la mort^ peut-être consentirait-elle à aimer un peu celui qui la sauverait!
Les heures parurent bien longues à la jeune fille, depuis le moment où le jour se leva jusqu'au moment où elle devait voir Robert.
Afin d'apaiser un peu son agitation, et pour se convaincre que le projet qu'elle rêvait avait déjà un commencement d'exécution, elle se releva doucement sur la pointe des pieds, s'assura que sa mère dormait, et, au risque d'être surprise, se dirigea vers la chambre voisine, où il y avait tout ce qu'il fallait pour écrire, et saisissant une feuille de papier, elle traça à la hâte ces mots :
« Je suis folle, Frédéric, je suis poursuivie de craintes et de pressentiments. Je viens de passer une nuit af- 'frevise ; je n'ai pas dormi une minute.
> Au nom du ciel, au nom de ce que vous avez de plus sacré, calmez-moi. Écrivez-moi que vous m'aimez toujours. Écrivez- moi d'avoir du courage, car il me serait impossible de passer quinze jours dans l'état où je suis. Il y avait des moments, cette nuit, où je voulais me sauver et courir à pied jusqu'auprès de vous.
> Remettez avec confiance une lettre à la personne qui vous porte celle-ci. C'est un ami sûr et qui ignore de quel message il est chargé.
* Un mot d'espoir, mon Frédéric bien-aimé, et tu sauveras la vie à celle qui t'aimera éternellement ! >
Blanche signa cette lettre, car elle était trop chaste pour ne pas signer ce qu'elle écrivait, ce qu'elle écrivait dût-il la perdre, puis elle la cacheta, et se remettant dans son lit, elle la cacha sous son oreiller, et attendit plus patiemment l'heure où Robert devait descendre auprès d'elle.
Cette heure arriva enfin.
Robert parut comme toujours, s'efforçant de sourire. Blanche Tentraîna dans une autre chambre, pendant que sa mère habillait Suzanne.
— Robert, lui dit-elle, il faut que vous me rendiez un service. ,
— Ordonnez, mademoiselle.
— Jurez-moi que vous n'abuserez pas du nom que je vais vous dire.
— Je vous le jure.
— Jurez-moi que vous ne direz à la personne que vous allez voir que ce que je vous aurai dit de lui dire.
— Je vous levure, Blanche.
— Eh bien ! Robert, mon ami, au nom de votre mère, au nom de votre sœur, prenez cette lettre, partez pour Moncontour, et remettez-la au comte Frédéric de la Marche, qui habite le château du Nord.
— Le comte Frédéric de la Marche ! balbutia Robert, dont la voix s'éteignait, tant les battements de son cœur étaient violents. Et, sans doute, il y a une réponse à cette lettre ?.
— Oui, répondit Blanche.
— Demain, vous aurez cette réponse.
— Pardonnez-moi ce que je vous demande là, Robert, lit la jeune fille en cachant sa tête dans le sein du jeune homme, comme s'il eût été son frère ; mais, depuis hier, je ne sais ce qui se passe en moi, je souffre ; seule, la réponse que j'attends du comte peut me calmer, et il n'y a que vous qui m'aimiez assez pour me rendre le service de la lui porter.
— Vous avez raison, Blanche; il n'y a que moi dans le monde qui vous aime assez pour cela.
Puis, passant dans la chambre voisine, Robert embrassa Suzanne et lui dit :
— Ma petite Suzanne, je viens de recevoir une lettre
qui me force à te quitter jusqu'à demain; je te laisse avec M'"« Pascal et M"« Blanche. Tu seras bien sage, n'est-ce pas ?
-^ Vous allez déjeuner avant de partir, fit M"® Pascal, dont la vie se continuait uniforme M régulière au milieu de ces agitations.
— Merci, madame, répondit Robert ; il faut que je parte à l'instant même.
Il embrassa encore une fois Suzanne, et il sortit.
Quand il fut sur le carré, il s'appuya au mur pour ne pas tomber.
Il étouffait.
Que n'eût-il pas souffert s'il eût su que, depuis la veille, la jeune fille se savait aimée de lui?
— J'ai fait là un&mauvaise action, se dit Blanche quand elle fut seule ; je me suis servie de l'amour qu'un homme de cœur a pour moi au profit de l'amour que j'ai pour un autre.
C'est plus qu'une mauvaise action, c'est une lâcheté ! Mais j'étais si malheureuse que je serais morte, et Dieu me pardonnera de ne pas avoir voulu mourir!
— Allons ! Blanche, cria M«»« Pascal, viens te mettre à table; Suzanne est habillée, et le déjeuner est prêt,
Robert était déjà en route.