‹ Affaire Cordélia Viau (meurtre de St-Canut) [microforme]Chapitre 7 sur 13 · D RP · texte numérisé non relu

D RP

Monsieur Leduc confirme le témoignage de monsieur Bélanger sur tous les points, sauf sur le détail que Bélanger signale, savoir, l'aveu, aussitôt retracté, qu’elle était réellement dans la maison lors du crime. Vous pouvez considérer ce seul point du témoignage de Bélanger comme n'étant pas corroboré, mais la corroboration est complète quant au reste.

Ces aveux faits par l’accusée aux témoins Leduc et Bélanger, alors qu'elle ne pouvait plus être sous la prétendue influence des officiers de justice et qu'elle conversait librement avec des visiteurs étrangers, ne sauraient être, suivant moi, sujets aux mêmes objections que les confessions faites à McCaskill, et devraient être acceptés sans réserve. Cependant, j'ai cru devoir les inclure dans ma référence à la Cour d'Appel, de même que j'ai aussi soumis à ce tribunal le témoignage de François-Xavier Groulx, dont je vous parlerai dans un instant.

Une dernière remarque sur la confession faite à McCaskill.

Supposoi : même que McCaskill aurait dit à l'accusée, à St-Canut, lors de l'arrestation, ce que les deux sœurs de la prisonnière, madame Power et madame Hébert, prétendent qu'il lui a dit, savoir : “ Vous pouvez tout me dire ; moi, je suis comme un confesseur ; j'ai déjà fait souffrir une famille, une fois, j'en serai repentant toute ma ie.” D'abord, McCaskill nie énergiquement avoir prononcé ces paroles, et je n’hésite pas à préférer son témoignage aux affirmations improbables de ces deux femmes, affirmations accompagnées des contradictions les plus palpables dans le reste de leurs dépositions. Mais quand bien même il se serait servi de ce langage, il n’y a rien là qui puisse empêcher d'accueillir la preuve des aveux ; l'officier de justice n’a pas le droit d'obtenir des avenx au moyen de menaces ou de promesses, mais, dans l'intérêt de la justice, il peut recourir à la ruse et aux artifices pour faire avouer un accusé. Les autorités légales sont claires sur ce point. Or, l'assurance du secret ne peut vicier l’aveu, parce que ce n’est pas une promesse d'un avantage à gagner par suite de l'aveu. L'accusé ne gagnerait rien à faire des aveux, même à celui qui promettrait le secret. L'assurance du secret ne saurait constituer qu'un artifice, ot l’artifice n'est pas prohibé.—Mais encore une fois, c'est la Cour d'Appel qui aura à se prononcer là-dessus.

Outre les aveux directs faits par la prisonnière, vous avez, messieurs, la conversation rapportée par le témoin F. X. Groulx, entendue dans l'enceinte de la prison. Elle est excessivement importante. Groulx est le tourne-clefs de la prison. Le lendemain de l'arrestation des accusés, il se trouvait dans l'escalier qui conduit à l'étage où se trouvaient les prisonniers. L'accusée, sortie de sa cellule, se promenait dans le corridor, et ne se

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