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à payer ? Où se trouve l'argent de provenanceillicite ? Qu'y a-t-il d’illicite à recevoir du gouvernement l’ordre de faire des travaux utiles ou nécessaires, moyennant une juste rétribution ? Si c’est un crime de recevoir de tels ordres, pourquoi ne pas faire arrêter immédiatement M. Whelan, qui, lui, a été chargé d’un contrat d’un million de piastres ?—M. Whelan a exécuté son contrat, me direz-vous :—sans doute, pour la raison bien simple que le gouvernement ne le lui a pas enlevé. Voilà toute la différence.
Messieurs, s’il y a du blâme à jeter sur quelqu'un dans cette affaire, c'est sur le gouvernement de l’honorable M. Boucherville, qui, par dépit et pour la seule raison que M. Tarte n'avait pas voulu accepter son usürpation du pouvoir, $e vengeait de lui en désavouant les obligations légitimes de la Couronne contractées par ses prédécesseurs, et en résiliant ce petit contrat de trois mille dollars, lequel je n’en ai aucun doute, a été donné plus tard à quelqu'un de leurs amis.
Connaissant ces faits comme il devait les connaître, puisque tous ces détails se trouvent consignés dans un Livre Bleu que lui-même a produit devant vous, l'accusé était-il justifiable d'affirmer, comme il l’a fait dans l’article de la Libre Parole et répété dans son plaidoyer, que M. Tarte avait volé la caisse de la Province au montant de trois mille dollars dans cette affaire? Si cette affirmation est fausse, et vous ne pouvez pas en douter maintenant, votre devoir est tout tracé. Cet homme est un calomniateur, et vous devez le condamner.
Retournons encore à la clause 5ième du plaidoyer.
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L'honorable M. Tarte y est accusé d’avoir recu $4,100 du contracteur Beemer, laquelle somme d’argent lui a, dit-on, été payée par les soins de M. Beujanin Trudel. De plus, on l’accuse d’avoir reçu un autre montant de 83,300, lequel lui aurait été payé directement par le même M. Beemer. On affirme que ces deux sommes d'argent étaient de provenance ülégitine.
Voyons si cette accusation a été prouvée.
Comme cette fois encore M. Tarte a été le seul témoin dans la cause concernant cette accusation, (et cette observation s'appliquera désormais à toutes <elles qui vont suivre), nous n’avons pour preuve que son seul témoignage.
Les faits sont très simples :
Dans l'été de l’année 1883, ou peut-être de inde 1884, M. Tarte n'est pas certain de la date exacte, la ville de Québec qui, à différentes époques avait, faute d’approvisionnement d’eau suffisant, été en grande partie détruite par des incendies désastreux, résolut de faire construire un aqueduc qui pût lui fournir l’eau dont le besoin s'était si cruellement fuit sentir dans le passé. Des soumissions furent demandées, et il se trouva que le plus bas soumissionnaire était un M. Beemer. Malheureusement’ ce monsieur était étranger. C’est quelquefois un désavantage d'être étranger lorsqu'on désire obtenir un contrat pour un montant considérable, et qu'on a comme compétiteurs des citoyens du pays. M. Beemer est améri- <ain, et malgré qu'il offrit toutes les garanties dési-
rables pour assurer l'exécution fidèle du contrat qu'il désirait entreprendre, son nom n'était pas populaire,
Dans le but de réussir à obtenir le contrat, M. Beemer
retint les services de M. Benjamin Trudel, citoyen bien connu à Québec : ce monsieur est mort tout récemment. M. Trudel possédait plusieurs qualités dont M. Beemer sut tirer parti, pour obtenir que l’entreprise projetée lui fût confiée. C'était un homme actif, adroit et très populaire, mais il lui manquait une chose essentielle, l'instruction : M. Trudel n'était pas instruit ; il savait à peine signer son nom. Sentant que pour réussir, il lui fallait l’aide d’un homme instruit et bien entendu dans les affaires, il s’adressa à M. Tarte, qui à cette date s’occupait beaucoup de spéculations et d’affaires, tout en étant journaliste. Je suis bien sûr que je ne vous étonnerai pas en vous disant qu'à cette date surtout (il y a douze ou treize ans de cela), un journaliste à Québec avait des loisirs, et qu'il lui était facile de trouver dans la journée quelques heures à consacrer à autre chose qu’à la rédaction des articles de son journal. M. Tarte accepta la tâche dont M. Trudel voulait le charger. Il examina les plans de M.'Beemer, les garanties qu’il offrait, et se persuada que, vu que-sa sa soumission était la plus basse, le contrat devait lui être donné. Il écrivit dans son journal plusieurs articles pour faire mousser le projet Beemer; il rédigea des motions ; s’aboücha avec les membres du conseil ; enfin il fit tout ce qu’on espère d'un homme d’affaires qui travaille consciencieusement à la: réussite d’une entreprise publique importante. Ce travail dura plusieurs mois. À la fin, la proposition de M. Beemer l’emporta, et ce fut lui qui obtint le contrat. L’aqueduc fut
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