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Et à une époque plus rapprochée, n’avons-nous pas vu M. Thiers, ancien ministre conservateur du roi Louis Philippe, devenir l’un des fondateurs de la République Française et l’allié du républicain Gambetta ?
Mais, Messieurs, ai-je donc besoin de chercher des exemples si loin de nous ? Pouvons-nous oublier notre propre histoire ? Lafontaine, Morin et Cartier n’avaientils pas été des libéronz avant de devenir des chefs conservateurs ?
Quoi! tous ces hoinmes éminents, tous ces grands noms que, pour me servir du langage de l’un de nos poètes, “ le burin de l’histoire a déjà gravés, sur le socle de la statue de la Renommée.” c'étaient des sauteurs, des saltimbanques? Quelle honte, Messieurs ! Et voilà pourtant le Jangage qu’on voudrait vous faire approuver par votre verdict,
Je reprends l'examen de l’article :
‘“ Comment se fait-il doné que cet homme puisse “ contrôler un parti dont le chef est, sans conteste,
“ l’homme le plus irréprochable du Canada, l’honora-
“ ble Wilfrid Laurier, dont la calomnie la plus odieuse “n ê sé effleurer 1 ? C
n a pas même osé eflleurer le nom ? C est ce que nous “ ne comprenons pas. C'est ce qui nous navre, et c’est ‘“ ce que nous voulons fuire cesser, en mettant devant “ le publie, sous son vrai jour, le Roi des carottiers,
“ dont on a eu la faiblesse de faire un ministre de:
“ la Couronne.”
Vous sentez comme moi, Messieurs, tout ce qu'il y a d’injurieux et d’offensant dans ce contraste, entre l’honorable premier ininistre et son lieutenant que l’on qualifie du nom de Roi des carottiers,
pas Tout cela est exprimé dans le langage d’un palefre-
ouis nier, mais le désir d’insulter et de blesser n’en paraît bli- que plus évident. Lt des __ Je reviens à l’article : | Le otre «“ Pour exposer comme il convient le caractère de ge ent- “ cet homme, il n'est pas nécessaire de remonter à | 4 hefs “ ses débuts politiques entachés de duplicité, d'extor- de “ sion, de “ chantage” et de pillage. pe ands Où est la preuve de la duplicité de l'honorable M. F ï nos Tarte ? Où est la preuve de ses extorsions ; quel est À socle le témoin qui est venu les dénoncer devant vous ? eurs, Quand, et au préjudice de qui, a-t-il eu recours au x Et ‘“ chantage ” ? Qui a-t-il pillé ?—Et cependant on se van- 4 faire tait d'avoir la preuve de tout cela, lorsque ces paroles ki ont été écrites. Où sont-elles ces preuves, Messieurs ? LT
Il n’y a eu qu'une chose de prouvée en cette cause, 318 c'est le dépit de l’escroc dont les desseins ont été frus-
isse trés ; c’est la haine qui a dicté les basses injures et les este, viles celomnies dont on a tenté de souiller un nom V4 ora- : respegtable. x! À euse (5 nous L'article continue : di c'est “ Ses instincts le poussaient vers le parti conserva fs vant “ vateur, et ses hautes aptitudes dans tous les genres, (te iers, | “lui avaient donné, dans ce milieu, une importance ait
de “ qu'il sut mettre à profit pour vivre d’abord, puis pour
“ préparer ensuite sa trahison. Quand il eut soutiré
ya ‘aux conservateurs, teut l'argent qu'il était possible | l’ho- ‘“ d'extorquer à ses chefs peu scrupuleux ; lorsque son Ha:
l'on “avidité insatræble eut fatigué jusqu'au plus géné- h?
“ reux ; lorsqu'il vit la source de ses revenus se tarir, A.
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“ Al prépara de longue main sa volte-face en mettant “ de côté les papiers de l'affaire McGreevy, papiers “qui devaient lui faciliter l'entrée dans le parti « libéral.
“ La débâcle de Mercier obligea M. Tarte à tenter le “ grand coup qu'il ruminait, le coup McGreevy..... “ dont les détails auraient dû rendre l’auteur sus- “ pect à ceux qu'il subjugue aujourd'hui.
“ M. Tarte a-t-ùl été trouver Laurier, en homme, “ pour lui exposer sa découverte, lui livrer ses docu- ‘nents pour permettre une accusation complète ? Pas “ du tout, Ü n'a livré ses lettres que pièce à pièce ; “ cela a pris deux ans pour tout avoir, et tout le temps “ l'honnéte M. Tarte gardait en arrière un document ‘“ antéressant pouvant tout arréter,dans l'espoir qu’on “ Lui ferait un signe et que les bleus le rappellerañent. Quand il a vu qu'il se heurtait à un refus obstiné, “ alors seulement, \ s'est jeté dans les bras des libé- “rauæx, dont quelques-uns sont assez naïfs pour le ‘ traiter de sauveur.”
Autant de mensonges que de lignes, Messieurs.
On dit : “M. Tarte a-t-il été trouver M. Laurier, en ‘“ homme, ponr lui exposer sa découverte et lui livrer “ ses documents ?
D'abord, ce n’est pas M. Laurier que M. Tarte était tenu d'aller trouver ; l’homme qu’il était tenu d’aller trouver, c'était son chef politique, Sir John McDonald: or, c'est précisément celui-là qu'il est allé voir. M. Tarte s’est rendu tout droit à lui, en honnéte homme et en homme de cœur qu'il est.
Le 22 mars 1890, Messieurs Murphy et Connolly venaient lui faire leurs révélations sur le compte de
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