III. — LA SOURCE SURE
Cette conception est le produit tout naturel de la méthode des officiers que nous avons vus paraître dans cette affaire.
Tous méprisent ce premier moyen d'information : « D'oùviennent les documents sur lesquels vous fondez votre conviction ? » Ils répondent a d'une source sûre », mais impure et mystérieuse. Picquart nous apprend que « le service des papiers avait été dénoncé à la fin de 1893 ou au commencement de 1894 aux intéressés par la maîtresse d'un agent, la femme Millescamp ». On n'a interrogé cette femme ni en 1894 ni en 1897. La Cour de cassation a respecté le mystère de cette source sûre et impure. C'est trop de discrétion à l'égard de cet indiscret.
Cependant les officiers de l'Etat-Major sont bien obligés d'avouer que l'on peut introduire des pièces sans certificat d'origine au ministre de la guerre : le faux Henry en est la preuve.
Le général Mercier parle de l'espion modèle, candidat anonyme au prix Montyon, « jouissant d'une confiance exceptionnelle », qui a apporté la pièce D... et le bordereau ; et naturellement il