PREFACE
général Zurlinden trouve que, s'il est coupable d'inconduite, ce n'est qu'une peccadille qui ne vaut qu'une mesure disciplinaire.
Esterhazy s'est indigné à bon droit qu'on le frappât pour un semblable prétexte alors que du Paty de Clam recevait chez lui M""' Pays à qui M""' la marquise du Paty donnait des poignées de mains pour le compte de l'Etat- Major.
Ils voient les preuves de la culpabilité d'Esterhazy et de l'innocence de Dreyfus se multiplier: ils abandonnent en route les plus compromis d'entre eux ; ils se regardent avec mépris les uns les autres et cependant, ils n'ont qu'une haine : celle de Picquart.
Ils veulent lui faire expier leurs infamies.
Henrv a commis un faux, Zurlinden et Chanoine accusent Picquart de faux, ejt ils présentent un petit bleu falsifié. Seulement les faussaires de l'Etat-Major sont aussi étourdis que canailles : la surcharge est faite avec de l'encre au bois de campêche et cette encre spéciale est celle dont Lauth s'est déjà servi pour renforcer une lettre d\i petit bleu au moment où il a été photographié. Pendant que tout ce drame se déroule, Picquart est en prison, sur l'ordre de Cavaignac, depuis le 13 juillet 1898. On Ta livré à un juge d'instruction, le capitaine Tavernier, amené tout exprès de Marseille. On a vu les magistrats de la Chambre des mises en accusation venir au secours de du Paty de Clam. Les nationalistes du