CHAPITRE VI
l'écriture du bordereau
I. — II. Les Experts de l'Etat-Major. — III. Les Experts de la vérité. — IV. L'Ecole des Chartes. — V. La Revanche de MM. Gobert et Pelletier. — VI. L'Expertise de M. Alphonse Bertillon. — VII. Réfutation de l'argumentation de M. Alphonse Bertillon.
Gavaignac varie. Dans son discours du 7 juillet, il n'avait pas dit un mot du bordereau ; il n'avait invoqué que deux faux et une pièce qui ne se rapportent pas à Dreyfus. Maintenant il se rattrape avec le bordereau, mais il en dédaigne récriture.
Cependant si le colonel d'Aboville n'avait pas cru trouver une ressemblance entre son écriture et celle de Dreyfus, si Bertillon n'avait pas déclaré que cette ressemblance existait, si du Paty de Clam n'en avait pas été si bien convaincu qu'il essayait de l'établir par les procédés les plus grotesques, Dreyfus aurait-il été poursuivi ? le rapport de d'Omerscheville dit : non.
Le général Zurlinden, lui, a fait son expert et il s'est convaincu « que le bordereau avait été écrit par cet offi-
cier (Dreyfus) et que c'était bien son écriture courante et rapide » .
11 doute de l'expertise de 1897. Il préfère celle de 1894, l'imprudent ! il ignorait sans doute, au moment où il parlait, que sur les cinq experts, trois maintenant attribuent le bordereau à Esterhazy : IVIM. Gobert, Pelletier et Cliaravay.
Picquart nous révèle que Gobert n'avait point encore donné son opinion et que déjà du Paty annonçait la scène de la dictée « dont on se promettait beaucoup. »
Dreyfus ayant conservé son calme, lors de la dictée, du Paty en tirait argument en répondant plus tard à M*^ Démange qui lui opposait ce fait :
Je savais que j'avais affaire à un simulateur ; j'étais cortain s'il s'attendait à quelque chose ; j'en ai fait Teiq^érience : s'il n'avait pas été averti, il se serait troublé ; il n*a pas bronché, donc il simulait.
Il est vrai que d'Ormescheville disait qu'il s'était troublé.