IV. — La lettre « Bavignon
n s'agit, dit M. le colonel Picquart, d'une question qui n'était pas absolument confidentielle. M. Davignon était alors sous-chef du deuxième bureau.
La deuxième pièce était une lettre de Panizzardi à Schwarzkoppen relative à une question de réservistes.
Panizzardi dit à Schv^arzkoppen :
« Je demanderai ce renseignement à Davignon, mais il ne me dira rien ; demandez-le à votre ami, mais il ne faut pas que Davignon le sache. 11 ne faut pas qu'on sache que deux attachés travaillent ensemble. »
Le général Davignon est le chef du cabinet de
M. Krantz.
Le commentateur du Paty de Clam disait : « A Fépo-
que où B... écrit à A..., Dreyfus était au deuxième bureau : c'est évidemment lui que B... désigne comme
l'ami de A... »
Picquart dit :
Ce commentaire est absurde. D'abord, rien n'a jamais permis d'étïiblir que A... a eu des relations avec Dreyfus. Si on admet que le bordereau est de ce dernier, rien n'indique en tous cas que cet ami soit Dreyfus, ni que ce soit quelqu'un qui fournissait à A... des documents secrets. B... parle trop légèrement de cela, surtout quand il dit : Il ne faut pas que Davignon le sache, c'est-à-dire que ce soit le chef de bureau, soit du Paty lui-même, qui était lié avec A... soit le chef de la section étrangère à ce moment-là.
Tous ces officiers étaient en excellents termes avec A... et n'auraient pas hésité à lui donner le renseignement banal comme celui dont il est question.
Les attachés militaires étrangers allaient environ nne fois par semaine au deuxième bureau, où à cette époque, on les renseignait très libéralement sur tout ce qui n'était pas confidentiel ; les officiers du deuxième bureau se plaignaient même de travailler plus pour les attachés étrangers que pour l'Etat -Major.
Le général Roget n'a fait que répéter le commentaire de du Paty de Clam devant la Chambre criminelle : et Picquart avait d'avance réfuté ses allégations en répondant à du Paty de Clam. (V. Révision du procès Th^eyfus de la Cour de cassation, p. 111). ^