‹ Affaire Dreyfus: Analyse de l'enquêteChapitre 114 sur 162 · V. — « Canaille de D · texte numérisé non relu

V. — « Canaille de D

La troisième pièce est celle dite : « Canaille de D... » que reproduisit V Eclair en substituant à la lettre D le nom de Dreyfus, on l'a datée du IG avril 1894. Or, la pièce existait déjà en 1892 ou au moins en 1893. Elle est post-datée.

Voici ce qu'en dit Picquart :

Je cite de mémoire :

« J'ai vu ce canaille de D... qui m'a remis pour vous douze plans directeurs de X... »

Il y a aussi ces mots : « Je lui ai dit qu'il était fou. »

Picquart en réfère pour son observation à sa lettre au garde des sceaux dans laquelle il rappelle que du Paty de Clam, dans son commentaire, avait été obligé de reconnaître que IcB plans directeurs du l"^"" bureau se troavaient à leur place. Le président lui fait observer que Picquart a dit dans cette lettre que douze plans directeurs forment un paquet considérable, tandis que

226 ANALYSE DE L'ENOL^ViE

M. le géiitTal Roget a déclaré, qu'un plan directeur n'était qu'une simple feuille de papier, et que douze plans pouvaient se rouler et s'emporter sous le bras ? Picquart fait cette simple question :

La chose la plus simple serait de vous apporter les douze plans en question ; on pourrait juger.

Picquart dit qu'il n'a jamais appliqué ces mots « Canaille de D... » à Dreyfus.

Pour les raisons suivantes :

D'abord à cause des documents fournis et de rexplicatipn invraisemblable donnée par le commentateur au sujet de la manière dont ils auraient été pris.

Ensuite Dreyfus, s'il avait fait de l'espionnage, aurait été une personne tellemeut précieuse pour un gouvernement étranger, qu'il est inadmissible qu'on l'ait traité aussi légèrement.

D'ailleurs les espions importants ont leur nom démarqué dans le pays de B. (Panizzardi).

J'ai personnellement eu connaissance d'un espion double, envoyé à B., dont l'initiale véritable était C, qui s'est présenté sous le nom de L et que Ton a appelé M.

Nous devons rappeler qu'Henry, à la Cour d'assises, déclara aussi que cette pièce ne s'appliquait ï)as à. Dreyfus.

C'est cette pièce qui est. signée Alexandrine et que \(^ général Gonse s'empressa de reprendre à M. Bertulu^ quand il s'approcha de la fenêtre pour l'examiner ^^ comme si la lumière pouvait la détrube. A ce propos .^ Picquart fait les réflexions suivantes :

Le Ueut. -colonel Picquart. — Alexandrine était une signa ^

ture connue au bureau.

Il me serait impossible de vous dire actuellement si c'e^ ^

celle de A. (Schwarzkoppen) ou de B. (Panizzardi). Le commandant Lauth pourrait certainement vous fixer à cet égard.

Cependant, je dois dire qu'il serait bon de contrôler d'une façon très sévère les indications qui étaient courantes au bureau des renseignements : je crains bien que, trop souvent, nous nous soyons laissés aller à accueillir trop facilement les indications et les assertions qui nous étaient fournies par les agents subalternes au sujet de l'origine des documents.

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