III. — Le circuit du bordereau
Le passage suivant montre la puissance du coefficient d'erreur personnelle du général Roget.
M, le 'président. — Comment expliquer que l'auteur de cette note parle de lui-même à la troisième personne ?
Le général Roget. — Je ne suis pas du tout certain qu'il parle ici de lui-même ; il n'est pas sûr, en effet, que le bordereau ait été remis à Paris ; il peut très bien se faire qu'il ait été remis dans un autre centre d'espionnage (Bruxelles, par exemple).
Une pièce du dossier secret, datant de l'époque du procès Esterhazy, mais se référant à un rapport fourni ai^^irè^ V^-
260 ANALYSE DE l'eXQUÉTE
faire Dreyfus et le confirmant, établit formellement que Dreyfus a été en relation avec un bureau de renseignements établi à Bruxelles, et un voyage de Dreyfus à Bruxelles est établi par un témoin très honorable que je connais.
Sur interpellation : Ld général Roget. — Le témoin est M. Langettey (nom véritable : Lonquety), directeur de Tusine des ciments de Boulogne-sur-Mer^ ancien élève de l'Ecole polytechnique.
Le président. — Dans le cas oii le bordereau aurait été envoyé dans un autre centre d'espionnage, ne faudrait-il pas nécessairement admettre qu'il a été renvoyé à Paris où il a été saisi ?