II. — La liquidation des Aveux
Nous avons tout le stock des témoins qui devaient prouver que Dreyfus a fait, au moment de sa dégradation, des aveux ou demi-aveux au capitaine Lebrun- Renaud. Il les lui aurait fails dans le tuyau de l'oreille, séduit par ce capitaine qu'il a vu trois quarts d'heure, alors qu'il les a refusés à du Paty de Clam, qu'il a protesté de son innocence avec la dernière énergie pendant cette effroyable cérémonie, en tenant tête aux journalistes qui l'insultaient.
L'Etat-Major sent combien le seul dire de Lebrun- Renaud, le capitaine de gendarmerie, est précaire, et alors il a fait entendre le colonel Risbourg, le lieutenantcolonel Guérin, le capitaine Anthoine, le commandant de Mitry, M. Druet, sous-lieutenant de réserve, M. Peyrolles, contrôleur de 1'° classe à l'administration de l'armée, et M. Wunenburger, un archiviste, collègue de Gribelin.
Est-ce que chacun de ces officiers a entendu ce que Dreyfus aurait dit à Lebrun-Renaud ? Pas du tout ; mais l'un a entendu dire que... et alors comme il a en-
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tendu dire, il affirme que... Dreyfus est coupable ; et la dernière Cour de justice anglaise aurait mis ces témoins à la porte, en leur signifiant que les juges ne devaient recevoir que des témoignages directs.