‹ Affaire Dreyfus: Analyse de l'enquêteChapitre 149 sur 162 · V. — Le général Chanoine · texte numérisé non relu

V. — Le général Chanoine

La déposition du général Chanoine a prouvé qu'on avait eu bien raison de ne jamais vouloir en faire un commandant de corps d'armée, et qu'on avait eu grand tort d'en faire un ministre de la guerre. Le général Chanoine n'avait qu'un titre : il savait le russe : il' ne s'en exprime pas mieux en français.

Il se vante peut-être quand il dit. qu*il a été poussé au ministère par « les membres du Conseil^supérieur de la guerre et des collègues ». Je crois qu'il a raison quand il dit (( qu'ils lui avaient exprimé le désir de voir un officier général à la tête du ministère de la guerre » ; mais le général Chanoine, par la manière dont il s'y est conduit et dont il l'a quitté, a donné un fort argument en faveur des ministères civils.

LA HEVISION 305

Il croyait l'affaire Dreyfus finie, mais il nous apprend que M. Sarrien, avait d'abord été de l'avis des conseillers Crépon, Petit et Pelletier et qu' « il a mis un certain temps à se ranger à l'avis de saisir la Cour de cassation ».

Alors le général Chanoine crut devoir pour son compte étudier l'affaire Dreyfus. Il en a donné une raison à laquelle on ne s'attendait pas. La voici :

Cette affaire paraissait passer du terrain judiciaire sur le terrain politique.

Cette opinion ne manque pas d'originalité. Le général Chanoine n'avait plus à sa disposition le dossier, qui avait été remis au garde des sceaux ; n^ais il lui restait les documents dits secrets, et alors il dit :

Les documents et les témoignages oraux forment un ensemble. C'est dans la concordance et dans les recoupements des uns avec les autres qu'il y a lieu d'établir la conviction, qui est la mienne.

Le président lui demande ce qu'il veut dire par témoignages oraux. Le général Chanoine répond qu'il a entendu un certain nombre de personnes. Et la déposition prend fin. Le général Chanoine à dû donner aux magistrats de la Cour de cassation une haute opinion du cinquième ministre de la guerre dont le Gaulois et la Libre Parole invoquaient l'autorité.

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