‹ Affaire Dreyfus: Analyse de l'enquêteChapitre 15 sur 162 · XVI PRÉFACE · texte numérisé non relu

XVI PRÉFACE

manifestent une fois de plus leur amour de la luniière en réclamant d'énergiques éteîgnoirs.

Le tribunal condamne le Figaro à 500 francs d'amende : et nous avons une nouvelle preuve que les vieux errements de l'instruction secrète, du huis-clos, les vieilles traditions de l'Inquisition, dont n'a pu encore s'affranchir notre législation, sont désormais incompatibles avec notre état social et les moyens d'action de la presse. Les faits actuels nous montrent un nouveau recul de la civilisation sacerdotale et militaire devant la civilisation scientifique et industrielle. Malgré tous les efforts des jésuites et de leurs diciples galonnés, l'autorité des affirmations fait place à la discussion des faits. La justice subjective et mystérieuse s'efface devant la justice objective et lumineuse : et on rit des précautions prises pour l'impression en cachette, avec incinération des épreuves, de quatre-vingts exemplaires revêtus d'un double numéro, scellés et rescellés comme s'ils avaient contenu des dangers autres que celui de la vérité. On ne prend plus au sérieux les promenades, sous la garde du général Chamoin et du capitaine Guignet, des dossiers secrets qui avaient dû être livrés à la Cour de cassation et dont nous connaissons maintenant le néant, comme nous avons connu en 1898, après quatre années, le néant des accusations formulées contre Dreyfus.

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