VIII. — Boisdeffre
Nous apprenons par la déposition du général de Boisdeffre qu'il est un invalide. Trois ou quatre fois, quand on lui pose une question, il répond : « A ce moment, j'étais malade, je ne sais pas. »
La lettre du 4 décembre du général de Boisdeffre niant toute espèce de rapports avec Esterhazy le gêne un peu. Nous retrouvons là ses équivoques. Ce n'est pas lui qui a prévenu Esterhazy. Mais il se rappelle « que des officiers de la section de statistique avaient soumis au général Gonse l'idée de prévenir Esterhazy, par une lettre anonyme, des indications contenues
3lâ ANALYSE HE L^ENQUÈTE
dans les lettres anonymes envoyées au ministre et à lui. » Chose admirable ! puisque c'était du Paty de Clam qui avait dicté ces lettres à Esterhazy.
Mais le général de Boisdeffre fait une confusion de dat(îs et essaye d'établir une équivoque : le bureau des renseignements avait été prévenu par le colonel Bertin des intentions de Scheurer-Kestner. Il s'agissait de prévenir Esterhazy ; et du Paty, que « le général Gonse avait pris comme auxiliaire parce qu'il lui semblait le plus indiqué, comme ayant déjà été mêlé à l'affaire Dreyfus », envoya à Esterhazy «la lettre Espérance. i)