‹ Affaire Dreyfus: Analyse de l'enquêteChapitre 17 sur 162 · PRÉFACE XIX · texte numérisé non relu

PRÉFACE XIX

à la Cour d'assises, et nous dîmes en même temps : — Mais c'est un faux ! c'est leur effondrement dans l'odieux et le ridicule !

Comment ne réfléchissaient-ils pas qu'il y avait au moins un homme qui savait que c'était un faux : l'attaché militaire à qui ils l'attribuaiçnt. Le miracle, c'est qu'il n'y ait pas eu dès le jour même une protestation diplomatique qui aurait exposé la France à la guerre, ou à une humiliation dont la honte eût été doublée de ridicule. Les généraux de Boisdeffre, de Pellieux, les hommes de l'État^ajor, le ministre de la guerre, Cavaignac, ont jeté la France dans cette alternative : et nous n'y avons échappé que parce que les gouvernements italien et allemand ont pris le parti de laisser débattre cette affaire entre Français, après avoir fait des déclarations que connaissait M. Hanotaux, que connaissait le général Billot, que devait connaître M. Méline : et comme par lâcheté envers les nationalistes et les antisémite^, plutôt que de faire justice, ils ont préféré abandonner la France aux pires dangers et la livrer au mépris et à la risée du monde civilisé, ils sont flétris à jamais.

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