III. — Fausse Citation à V Ordre du jour
La déposition du général Guerrier est courte : elle constate tout simplement qu'Esterhazy s'était attribue faussement une citation à Tordre du jour de l'armée.
€ Le ministre a ordonné la radiation de la citation. »
Cela se passait en 1896, Billot coimaissait ce faux : Boisdeffre aussi, Gonse aussi, de Pellieux aussi, Ravary aussi et ils l'ont dissimulé au Conseil de guerre qui a eu à juger Esterhazy.
n est vrai qu'Esterhazy, détaché avec un bataillon emprunté au 135" de ligne pour concourir à la formation du 1" régiment de marche, commandé par le colonel Corvisard, avait trouvé le moyen de se faire citer à Tordre du jour du régiment par le colonel Carcanade qui était tranquillement à Cholet, à propos de l'insignifiant combat d'El Arbaïn, et, par prodige, l'affaire ayant eu lieu en Tunisie le 30 août, la citation de Cholet est dû 1*' septembre.
Voici ce qu'en dit le général Guerrier dans sa M\x^
(lu 2o mars 1899 au premier président de la Cour de cassation.
La prétendue pièce justificatiye de la citation à Tordre de l'armée (ordre du régiment, signé : Carcanade) est un document sans valeur et aurait dû être annulée, ayant été établie par une autorité qui n'avait pas qualité pour le faire et a, dans cette circonstance, outrepassé ses pouvoirs.
En OBtre le document original a été tronqué et falsifié pour les besoins de la cause : le nom de la ville où 1 ordre a paru, Cholet, a été supprimé et la date en a été changée.
Au 'conseil de guerre de 1898, on ne porta que des notes élogieuses. Voici ce que dit à ce sujet le général Guerrier.
Je sais Ir^s bien que, par une habileté qui reste pour moi • inexpliquée, ce sont les notes de la feuille d'inspection établie en mai 1896, portant encore mention de la citation à l'ordre de l'armée, qui ont été publiées et même produite» devant le conseil de guerre de janvier 1898, mais cela n'empêche pas qu'il y en ait eu d'autres postérieures d'une année-
Le général Guerrier est bien naïf en disant : « par une habileté qui reste pour moi inexpliquée » , de Pellieux et Ravary dissimulèrent la note suivante du général Guerrier.
Extrait de la feuille de notes d'inspection de 4891 ,
IS'a pas fait de service depuis les dernières manœuvres, laisse à désirer au point de vue de sa vie privée ; a étéd'autre part, l'objet de plusieurs réclamations ; va être mis en non activité pour infirmités temporaires en attendant la retraite.
Sifïné : Guerrier.