XV. — VIdentité du papier
Quant à l'identité du papier de deux de ses lettres et lu bordereau, le drôle la reconnaît de la manière suivante :
Le président. — Je vous représente ime lettre datée de uourbevoie du 17 avril 1892, signée de votre nom et adressée par vous au sieur Rieu, tailleur, 21, rue Richelieu.
La reconnaissez-vous ?
Le commandant Esterkazy. — Oui, je reconnais cette ettre.
Le pxédde.vht. — Je vous en soumets une seconde datée de [louen du 17 août 1894, également signée de vous, et qui a ité saisie chez M" Callé, huissier. ^
La rcconnaisssez-vous ?
tje c&mmandantEsterhazy. — Oui, je crois que cette lettre ^st de moi.
Le président, — Ces deux lettres sont écrites sur du )apier pelure quadrillé.
Elles ont été soumises h t'oxamen de trois experts, qui se
28 > ANALYSE DE L*Ex\Q LIMITE
sont expliqués dans un rapport en date du 2G novembre 1898, des conclusions duquel je vous donne lecture, conclusions dont je consigne ci-après le résumé : « La pièce dite du bordereau, la lettre du 17 août 1894 et la lettre du 17 avril 1892 nous présentent les «uiractères 4e la plas grande similitude. »
Avez-vous quelques observations h présenter sur ce rapport ?
Le commandant Ester hazy, — En ce qui concerne ce point, je m'en réfère aux déclarations de mes lettres, e'esl-àdire aux deux ju|çements des Oonsells de guerre.
Ainsi Esterhazy a reconnu que les deux lettres étaient de lui. Il lui était difficile de le nier, car elles portaient leurs preuves avec elles. Mais que leuri)apier soit identique à celui du bordereau, Esterhazy ne s'en inquiète pas. Il a pour lui les deux jugements des Conseils de guerre. Il s'y tient, et il a bien raison, à son point de vue.
Il déclare maintenant que ce papier est très commun ; autrefois on mettait à la charge de Dreyfus qu'il était introuvable.