‹ Affaire Dreyfus: Analyse de l'enquêteChapitre 48 sur 162 · CONTRAIRE · texte numérisé non relu

CONTRAIRE

C'est une scène de comédie féroce, où on voit s'étaler les pires des sentiments. Du Paty de Clam est poursuivi de mensonge en mensonge jusqu'à ce que, acculé, il soit obligé d'avouer.

Esterhazy raconte alors ce qu'on a su plus tard : les ï*endez-vous au parc de Montsouris, au square Vintimille, avec du Paty de Clam déguisé avec une fausse barbe, Henry et Gribelin avec ses lunettes bleues ; les communications par l'intermédiaire de M"° Pays et de Christian Esterhazy, etc.

Du Paty de Clam s'embrouille dans ses mensonges devant la chambre criminelle de la Cour de cassation, (12 janvier) comme il s'était embrouillé devant le conseil d'enquête. Du Paty de Clam ne veut pas du tout d'abord être Tauteur de la lettre signée « Espérance », qui a averti Esterhazy du danger qui le menaçait. Il déclare qu' (( il a ignoré jusqu'au 23 octobre 1897 qu'il eût jamais été question d'Esterhazy au ministère de la guerre».

DU PAT Y DE CLAM ET l' ÉTAT-MAJOR 49

Or, un conseiller lui fait observer que le général Roget a dit à la Chambre criminelle de la Cour de cassation qu'il avait la certitude que la lettre du 20 octobre qui prévenait Esterhazy était de du Paty de Clam. Il a dit (|ue « vous étiez allé, le 16 octobre, au service des renseignements, que vous aviez demandé l'adresse d'Esterhazy. »

Alors ce pauvre du Paty de Clam barbotte comme un chien qui se noie. Il renonce à sa date.

A une date que je ne puis préciser ^ mais qui devra rem^ placer^ dans toutes leurs dépositions antérieures, celle flu 25 octobre,,.

Pourquoi cette date du 23 octobre ? On se rappelle de la visite d'Esterhazy chez Schwarzkoppen, (ch. I, § 12) et on comprend l'importance qu'il y attache.

Et il continue à nier la lettre « Espérance »...

On trouve les relations directes de du Paty de Clam avec Esterhazy trop compromettantes. Alors ils ont recours aux intermédiaires connus, M'"** Pays, Christian Esterhazy et W Tézenas.

N'avez-vous pas eu des relations avec son avocat, M^ Tézenas, et ce, de l'avis, et peut-être même de Vorare de vos chefs ?

Le lieutenant-coloiiel du Paty. — Oui,

Le président. — Dans quel but et sur quel ordre alliezvous chez lui ?

Le lieutenant-colonel du Paty. — Pour garder le contact avec Esterhazy. Le général Gonse m'a prié, plusieurs fois, de voir M® Tézenas.

Le président, — Le e/énéral Gonse ne vous a-t-il pas remis^ à ce moment f un article destiné à être publié et qui devait cire, je le crois, transmis à M° Tézenas ?

Le lieutenant-colonel du Paty, — J'ai, en effet, été chargé une fois — postérieurement au procès Estherhazy — de

porter un article qu'une indisposition m'a empêché de porter chez M* Tézenas. 11 n'a pas été publié. Il est resté en ma possession.

Alors du Paty de Clam fait aussi son Esterhazy. D a gardé l'article.

Le président. — Cet article n'existerait-il pas encore aujourd'hui ? >'e serait- il pas à Bruxelles ! Et comment y serait-il arrivé ?

Le lieutenant colonel du Paty. — Cet article eariste encore, ^t je n'ai pas à dire où j'ai cru devoir le mettre.

Pourquoi a-t-il conserve avec soin cet article ? est-ce pour s'en servir contre Gonse 1 a-t-il voulu avoir aussi son document libérateur a et sa garde impériale ? »

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