‹ Affaire Dreyfus: Analyse de l'enquêteChapitre 51 sur 162 · IX. — Les dénégations de Du Paitj · texte numérisé non relu

IX. — Les dénégations de Du Paitj

Naturellement du Paty n'avoue pas être l'auteur dii. faux Henrv. Il se borne à dire.

Quant à l'accusation de complicité avec le lieutenant-colo — nol Henry formulée, avec des gradations savantes, par 1 commandant Cuignet sans d'ailleurs l'ombre d'une preuvele lieutenant-colonel du Paty considère qu'elle ne méril que le mépris.

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Du Paty de Clam parie comme il reprochait à Dreyfus de parler. Il affirme son innocence, et il n'essaye d'en faire la preuve que par des moyens à côté. Il s'aperçoit maintenant de la difficulté d'établir des preuves négatives.

Nous n'imiterons pas à son égard la conduite qu'il a tenue à l'égard de Dreyfus. Henry est peut-être capable d'avoir fabriqué le faux tout seul. Cependant pourquoi Gonse ayait-il repris le dossier secret à Picquartdans le courant d'octobre 1 N'était-ce point pour permettre à Henry de travailler? On peut tout soupçonner : Lauth revenait le 28 octobre de la campagne pour s'entretenir mystérieusement avec Henry. Et du Paty de Clam a-t-il été tenu vraiment en dehors des projets d'Henry ? Ignor^it-ii le faux du l*'" novembre 1896?

Du Paty de Clam nie aussi être l'auteur de la « lettre Espérance », des lettres attribuées à la dame voilée, mais ces lettres existent ; qui donc les a écrites ? Le capitaine Cuigneta dit que ces lettres et le faux Weyler, devaient avoir le même auteur et que cet auteur était du Paty de Clam ; et, un peu plus, du Paty de Clam, dans son trouble, deviendrait l'avocat de Dreyfus. Il déclare que le rapport qu'il adressa en 1894, au ministère de la guerre, ne concluait pas à la responsabilité. Il ajoute « qu'il s'était contenté d'exposer les faits ! » Alors c'est malgré lui qu'on a poursuivi Dreyfus ? Il n'y est pour rien. C'est là un fait nouveau que nous sommes bien aises d'avoir appris.

Du Pàty de Clam se défend d'avoir fabriqué le faux ^^eyler. Mais comment se défend-il? Ecoutez comment ^^ officier de TEtat-Major parle d'un des services de l'Etat-Major.

Le colonel du Paty indique alors q le Decrion, qui cHri- UCdil une véritable inaniifaciwe de faux, a toujours été, ainsi

que Guénée, au service d'Henry. On pourrait chercher dans cette direction, puisque Decrion fabriquait notoirement des faux pour le compte d'Henry.

xVinsi il y avait « une véritable fabrique de faux au service d'Henry. » Ce n'est point Zola, ce n'est point Scheurer-Kestner, ce n'est point Trarieux, ce n'est point Reinach, ce n'est point moi ni aucun de ces affreux dreyfusards accusés d'avoir voulu déshonorer l'armée qui le disons. C'est le lieutenant-colonel du Paty de Clam!

Du Paty de Clam ne nie aucun des faits... pour les autres.

Ce n'est point lui qui a informé la Libre Parole ; c'est Henry. Ce n'est point lui qui a porté à Sabatier, de V Eclair, la pièce : « Ce canaille de D,,. » qui fut reproduite avec cette falsification : « Cet animal de Dreyfus. » C'est le colonel Henry et le commandant Pauffin de Saint-Morcl, chef de cabinet de Boisdeffre, qui se sont acquittés de ce genre de communication ; et le commandant ajoute :

On a d'ailleurs trouvé un télégramme intéressant à ce sujet chez le commandant Esterliazy : ce télégramme est signé Pauffin de Saint-Morel.

Le capitaine Cuignet a dit que du Paty de Clam aval t voulu défendre son œuvre en 1897. Le général Rog&* a dit : « Sa mise personnelle » . Quelle erreur I s'écrie d Paty de Clam, sans s'apercevoir qu'en poussant cett exclamation, il Tabandonne. « Que ne Fa-t-on lais& tranquille ! »

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