‹ Affaire Dreyfus: Analyse de l'enquêteChapitre 52 sur 162 · X. — Les lameniatio7is de du Paty · texte numérisé non relu

X. — Les lameniatio7is de du Paty

Le JFigaro a publié, dans son numéro du 2 mai, la déposition du lieutenant -colonel du Paty de Clam faite devant les chambres réunies de la Cour de cassation telle qu' « un ami du colonel » a bien voulu l'aider à la reconstituer. Nous avons donc, sinon tout à fait ce qu a dit du Paty de Clam, du moins ce qu'il a voulu dire.

Du Paty prend la même attitude qu'Esterhazy. Lui ? s'il a fait quelque chose, s'il a commis quelque infamie, ce n est pas de .sa faute. Il n'a agi que par ordre. « Obéissance passive » sans réflexion, sans délibération : tel est le système. Du Paty de Clam prétend, comme Esterhazy, qu'il n'a été qu'une machine. 11 plaide son irresponsabilité et la responsabilité de ses chefs.

En même temps, il les accuse de mauvaise foi.

Je n'ai pas demandé d'ordres écrits à mes chefs : leurs ordres verbaux m'ont suffi.

Le fait même que je n'ai point songé à m'armer pour l'avenir, quand j'exécutais les ordres qui me furent donnés, devrait plaider en ma faveur !

11 regrette de ne s'être point procuré de documents libérateurs et de n'avoir point « de garde impériale » qui pussent lui permettre de faire du chantage à l'égard deGonse, de Boisdeffre et de son cousin Gavaignac. Noiig en sommes là qu'un des héros « de l'honneur de l'armée » déclare que des grands chefs lui ont manqué de parole parce qu'il ne s'était pas muni de documents contre eux !

« Son ami » dit dans ses confidences au Figaro :

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La Cour de cassation lui semble avoir compris ( voulait faire de lui le bouc émissaire, et qu'on le saci surtout parce qu'il n'a pas pris, comme il l'a dit et r€ la précaution de se munir, lui aussi, de « documents rateurs. »

Quand on lui demande s'il sait à qui s'applique, la lettre d'Henry, la phrase suivante : — « Tu dans l'intérêt de qui j'ai agi. > — M. du Paty de i n'hésite pas à répondre ; — « Henry faisait évidemi allusion au général Mercier. »

Un autre conseiller demande :

— A qui pouvait penser Henry en s'écriant aprè arrestation. : Ah ! les misérables, ils m'oiU perdu !

— Mais à ceux qui, à cette époque, l'ont torturé, a donné et sacrifié, réplique M. du Paty de Clam.

Enfin voici les derniers paragraphes de la dépos (le du Paty de Clam.

M. du Paty de Clam rappela qu'au moment des mières attaques dirigées contre lui il était allé se plai au « grand chef », dont il avait toujours scrupuleuse suivi les instructions.

« — Vous avez agi en honnête homme et en loyal se lui déclara le général : moi vivant, je ne permettrai qu'on vous touche. »

— Or, a dit le colonel du Paty de Clam à la Coi cassation, avec un sentiment de profonde tristesse, vivant et je suis sacrifié !

Nous ne plaindrons point du Paty de Clam. I lâché par ceux qui en ont fait un complice. Il a con à jouer ce rôle criminel, tant pis pour lui. Dreyfus c été coupable que ses procédés resteraient inexcusa Il plaide maintenant les circonstances atténuantes. ] trop tard. Si nous le croyions quand il nous dit que

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officier d'Etat-Major, était incapable de savoir ce qu'il faisait, nous aurions une opinion que notre respect pour Tarmée nous défend d'avoir.

11 ne peut se séparer de sa fausse barbe et de ses lunettes et il ne peut qu'atténuer sa culpabilité en montrant qu'il n'a agi que par ordre. En acculant du Paty de Clam, Cuignet et Roget sont arrivés à découvrir Gonse et Boisdeffre, qu'ils voulaient protéger.

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